‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 207 sur 224 · Gavin Hamilton, esq · texte numérisé non relu

Gavin Hamilton, esq

POÉSIES DE BÛRNS. 3-2o

Sa réputation et son honneur saigneront-ils sous les coups

D'indignes garnements, Et pas une muse ne lëvera-t-elle la tête

Pour intimider ces bavards?

Pope, si j'avais les traits de ta satire Pour traiter ces gredins comme ils le méritent , Je fendrais leurs cœurs creux et pourris,

Et je raconterais tout haut Leurs jongleries et leurs tours de passe-passe

Pour duper la foule.

Dieu sait que je ne suis pas ce que je devrais être , Et que je ne suis môme pas ce que je pourrais être ; Mais j'aimerais mieux vingt fois

Etre un franc athée , Que de me cacher sous les bannières de l'Evangile,

Gomme derrière un écran. >

Un honnête homme peut aimer à boire,

Un honnête homme peut aimer les filles ;

Mais la basse vengeance et la malignité perfide,

Il les dédaignera toujours , Ainsi que de proclamer son zèle pour les lois de l'Evangile,

Gomme certaines gens à nous connus.

Us ont la religion à la bouche ,

Us parlent de miséricorde, de grâce et de vérité;

Pourquoi ? — pour donner carrière à leur malignité

Gontre quelque pauvre homme , Et le poursuivre à outrance , sans justice ni pitié.

Jusqu'à sa ruine complète.

Salut, Religion l vierge divine 1

Pardonne à une muse aussi humble que la mienne ,

D'oser dans c«s vers rudes et imparfaits

Te nommer ainsi ; Stigmatiser tes faux amis

Ne peut te décrier.

Quoique entaché et sali de mainte souillure,

Et bien indigne de ton cortège ,

D'une voix tremblante je joins mes chants

A la voix de ceux Qui osent intrépidement soutenir ta cause

En dépit des ennemis ;

En dépit des foules , en dépit des gens ameutés , En dépit des menées souterraines ,

3i6 POÉSIES DE BURNS.

En dépit des coups de bandits portés dans l'ombre

A la vertu et au mérite Par des gredins vêtus de robes saintes ,

Mais doués d'une âme infernale.

Ayr, mon cher pays natal 1 Dans le ressort de ton église Se trouve une troupe candide, libérale,

De précepteurs du peuple , Renommés comme hommes, conmie chrétiens aussi,

Et comme mâles prédicateurs.

Monsieur, vous êtes nommé dans ce cercle ; Monsieur, vous, êtes célèbre dans ce cercle ; Et plusieurs qui blâment. votre doctrine..

(Ce qui vous fait honneur), Ceux-là même, monsieur, estiment votre .CKSur.

Et vos m^éres sédiùsaiMes*

Pardonnez la liberté que j'ai prise ,

Et si j'ai été impertinent,

N'en faites pas un crime, ch^r.mpnsieur, à ujxh/i^ffî^

Dont le cœur ne vpus a J^ai^.lésé,, Mais qui a toujours pris le plus vif .intérêt

i^toi^t cjs q^ vpu§ concernait.

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