‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 49 sur 224 · SUR LE MÊME SUJET · texte numérisé non relu

SUR LE MÊME SUJET

Pourquoi tant de répugnance à quitter cette scène terrestre ?

L'ai-je trouvée si pleine de charmes attrayants ? Quelques gouttes de joie entremêlées de mal à plein verre ;

Quelques rayons de soleil entre des orages renaissants. Est-ce r agonie du départ qui alarme mon âme ,

Ou la désagréable , lugubre , sombre demeure de la mort ? C'est le remords , le remords qui arme mes terreurs ;

Je tremble d'approcher un Dieu irrité Et de soufifrir justement sous sa verge vengeresse.

Je voudrais bien dire : Pardonne ma noire offense !

Je voudrais bien promettre de ne plus désobéir; Mais si mon créateur me rendait la santé ,

Je pourrais abandonner encore la voie de la belle vertu; Je pourrais m' égarer encore dans le sentier de la folie ;

Élever encore la brute et rabaisser l'homme ; Alors comment implorerais-je la clémence céleste ,

Moiquiagissicontrairementauplandelacélesteclémence, [tion?] Qui ai si souvent gémi de mes péchés, et pourtant ai couru à la tenta-

toi f grand régulateur de tout ici-bas ,

Si j'ose lever un œil vers toi , D'un signe tu peux faire cesser le souffle de la tempête ,

Ou apaiser le tumulte de la mer en fureur ; ^vec ve pouvoir répressif daigne m'ajdor

94 P0É8IBS DE BUHNS.

A enchaîner ces passions impétueuses et Ibrceiiée» ; Car je sens que mes forces sont tout à fkit iRcapftbIes

De contenir leur torrent dai\a la ligne permite ; Oh! prête-moi toa BStistance; Oomipatence divine !

AYANT PASSÉ UNE NUIT CHEZ UN RÉVÉREND DE SES AMIS , l'auteur LAISSA LES

VERS

SinVANTS DANS LA CHAMBRE OU IL AVAIT COUCHÉ.

toi , puissance redoutée qui règnes là-haut ,

Je sais que tu m'entendras , Quand pour cet asile de paix et d'amour

Je fada une prière sincère.

Aux cheveux blancs du mattre — long-teihps, long-temps encore

Daigne épargner le coup mortel 1 Pour le bonheur de son petit troupeau fiKal ,

Et pour montrer ce que sont les gens de bien.

Celle qui contemple ses charmants enfants j

Partagée entre l'espoir et la crainte , Oh î donne-lui les joies d'une mère ,

Mais d'une mère épargne-lui les larmes \

Leur espoir, leur appui , leur fils chéri ,

Dans la rougeur naissante de la virilité , Fâis-le prospérer, 6 toi Dieu d'amour et de vérité ,

Au gré des vœux d'un pèrel

Cette belle troupe séraphique de sœurs »

Je t'en prie avec d'instantes larmes ,

Toi qui connais les pièges tendus de tous côtés — Guide toujours ses pas 1

PO£âlES I^ BURKS. 95

Quand tôt ou tard Ils atteindront l'autre rive , Pousses sur la mer agitée de la vie ,

Puissent-ils se réjouir, a'ay«At perdu persome, En famille dans le ciel 1

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