SUR LE MÊME SUJET
Pourquoi tant de répugnance à quitter cette scène terrestre ?
L'ai-je trouvée si pleine de charmes attrayants ? Quelques gouttes de joie entremêlées de mal à plein verre ;
Quelques rayons de soleil entre des orages renaissants. Est-ce r agonie du départ qui alarme mon âme ,
Ou la désagréable , lugubre , sombre demeure de la mort ? C'est le remords , le remords qui arme mes terreurs ;
Je tremble d'approcher un Dieu irrité Et de soufifrir justement sous sa verge vengeresse.
Je voudrais bien dire : Pardonne ma noire offense !
Je voudrais bien promettre de ne plus désobéir; Mais si mon créateur me rendait la santé ,
Je pourrais abandonner encore la voie de la belle vertu; Je pourrais m' égarer encore dans le sentier de la folie ;
Élever encore la brute et rabaisser l'homme ; Alors comment implorerais-je la clémence céleste ,
Moiquiagissicontrairementauplandelacélesteclémence, [tion?] Qui ai si souvent gémi de mes péchés, et pourtant ai couru à la tenta-
toi f grand régulateur de tout ici-bas ,
Si j'ose lever un œil vers toi , D'un signe tu peux faire cesser le souffle de la tempête ,
Ou apaiser le tumulte de la mer en fureur ; ^vec ve pouvoir répressif daigne m'ajdor
94 P0É8IBS DE BUHNS.
A enchaîner ces passions impétueuses et Ibrceiiée» ; Car je sens que mes forces sont tout à fkit iRcapftbIes
De contenir leur torrent dai\a la ligne permite ; Oh! prête-moi toa BStistance; Oomipatence divine !
AYANT PASSÉ UNE NUIT CHEZ UN RÉVÉREND DE SES AMIS , l'auteur LAISSA LES
VERS
SinVANTS DANS LA CHAMBRE OU IL AVAIT COUCHÉ.
toi , puissance redoutée qui règnes là-haut ,
Je sais que tu m'entendras , Quand pour cet asile de paix et d'amour
Je fada une prière sincère.
Aux cheveux blancs du mattre — long-teihps, long-temps encore
Daigne épargner le coup mortel 1 Pour le bonheur de son petit troupeau fiKal ,
Et pour montrer ce que sont les gens de bien.
Celle qui contemple ses charmants enfants j
Partagée entre l'espoir et la crainte , Oh î donne-lui les joies d'une mère ,
Mais d'une mère épargne-lui les larmes \
Leur espoir, leur appui , leur fils chéri ,
Dans la rougeur naissante de la virilité , Fâis-le prospérer, 6 toi Dieu d'amour et de vérité ,
Au gré des vœux d'un pèrel
Cette belle troupe séraphique de sœurs »
Je t'en prie avec d'instantes larmes ,
Toi qui connais les pièges tendus de tous côtés — Guide toujours ses pas 1
PO£âlES I^ BURKS. 95
Quand tôt ou tard Ils atteindront l'autre rive , Pousses sur la mer agitée de la vie ,
Puissent-ils se réjouir, a'ay«At perdu persome, En famille dans le ciel 1