ÉCRIT
DANS L'ERMITAGE PE FRIARS-CAf^SE ,
SUR LB BORD DU NfTH»
Toi que le hasard peut conduire ici , Que tu sois couvert d'une robe brune, Que tu sois paré d'une étole de soie, Grave ces conseils dans ton âme : —
La vie n'est qu'un jour au plus, Sorti de la nuit, se perdant dans les ténèbres ; N'espère pas du soleil à toute heure, Ne crains pas que le ciel soit toujours couvert de nuages !
Quand la Jeunesse et l'Amour, dansant d'un pied agile , S'avancent sous ton étoile du matin, Le Plaisir, avec son air de sirène , Peut tromper le couple étourdi ; Que la Prudence bénisse la coupe de la Jouissance, Alors bois avec transport, bo^s jusqu'au fond.
Quand le soleil de tes jours s'échauffe et monte. Inondant de rayons le moi de ta vie, Méprises-tu l'humble vallée ?
Voudrais-tu escalader les sommets altiers de la vie? Retiens ton pied orgueilleux qui s'élance.
Le Mal, tapi en traître, est aux aguets ; Les Dangers hardis, aux ailes d'aigle, Planent autour de chaque pointe de rocher :
Tandis que la Paix , enjouée , chante Sa chanson de linot dans les bas-fonds.
Quand les ombres du Soir se referment T' invitant à un long repos;