ÉPITAPHE D'UN BARDE
S'il est ici un fou «'inspirant de son cd^ice,
Trop vif pour la pensée , trop bouillant pour la règle ,
Trop timide pour demander, trop fier pour se courber,
Qu'il approche; Et que sur ce tertre de gazon il se lamente ,
Et verse une larme.
S'il est ici un barde aux chants ras^ues
Qui , sans être remarqué, se dérobe dans la foule
Qui , chaque semaine , se presse dans cette enceinte ,
Ohl qu'il ne passe pas l Mais qu'avec un profond sentiment fraternel
Il pousse ici un soupir.
S'il est ici un homme dont le jugement net
Peut enseigner auK autres la route à ps»adre,
Et qui pourtant luinaoéme suit une foUe «Urectioa 4am U vie ,
Plus fougueux que la vague, Qu'il s'arrête ici -^ et qu'à travers ses larmes <^ jaillissent j
U o&a/L fs m pJQ ee tombeau.
Le pauvre habitant de cette fosse
Etait prompt à aj^rendre et habile à savoir.
Et sentait vivement Vardeur de f amitié
Et une plus douce flamme ; Mais de folles étourderies l'ont mis à bas
Et ont taché son nom 1
Lecteur, écoute — Soit q«e ton âme
Plane sur les ailes de l'imagination au delà du pôle,
Soit qu'elle creuse à tâtoûs ce trou terrestre
î)ans des vues toutes basses ; Sache que l'empire sur soi , prudent^ ci<KîO»spect ^
Est la racine de la sagesse.
SUR LES PÉRÉGRINATiONII