‹ Poésies complètes de Robert Burns;Chapitre 9 sur 224 · Le thé. {N. d. trmi · texte numérisé non relu

Le thé. {N. d. trmi

Qu'ils nous persécutent de leurs histoires et de leurs noms maus- £t nous en écorcbent les oreilles ; [sades J

Je chante la liqueur que l'orge d'Ecosse sait nous faire En verre ou en pot.

O toi , ma muse 1 bonne vieille boisson écossaise , Soit que tu circules dans les serpentins tortueux , Ou que , richement brune , tu mousses parKlessus les bords

En glorieuse écume , Aide-moi , jusqu'à ce que je balbutie et cligne de l'oçil ,

A chanter ton nom !

Que le froment cossu orne les vallées ,

Et que les avoines dressent leur corne barbue ,

Et que les pois et les fèves , soir ou matin ,

Parfument la plaine ; Je suis fier de toi, Jean Grain d'Orge,

Toi le roi des Grains !

C'est de toi souvent que se nourrit l'Ecosse , En gâteaux flexibles , élite des aliments !

Ou jeté dans le flot bouillant

Avec les choux verts et le bœuf; Mais lorsque tu verses le sang de ton coeur pleiii de foret ,

C'est surtout alors que tu brilles.

La nourriture emplit le ventre et nous tient vivants , Quoique la vie soit un présent qui ne vaut pas qu'on l'accepta Lorsqu'on la traîne lourde de peine et de chiagrin ;

Mais , huilées par toi , Les roues de la vie descendent allègrement la pente

Avec un joyeux bruit.

Tu éclaircis les idées du Savoir alourdi ; Tu réjouis le cœur du Souci languissant ; Tu raffermis les nerfs du Travail

A sa tâche pénible; Tu illumines même le sombre Désespoir

D'un ténébreux sourire.

Souvent, revêtu d'un habit d'argent massif,

Tu dresses la tôte au milieu des grands ;

Mais humblement serviable au temps du besoin ,

Le vin du pauvre , Son petit pudding de gruau , ou son pain ,

Tu lui tiens lieu de toute une cuisine.

Tu es la vie des réunions publiques ;

Sans toi, que seraient nos foires et nos fôtes?

Même les pieuses assemblées des saints ,

8 POÉâlES DE BURKS.

Inspirées par toi , Quand , bouche béante , elles assiègent les chaires en plein vent , Sont doublement ferventes.

Ce joyeux soir où nous rentrons le grain ,

Avec quel charme alors tu mousses dans la corne !

Ou fumant, le matin du nouvel an ,

Dans lebowl ou la jatte de bois, Avec une petite goutte d'esprit brûlée dedans ,

Et du sucre savoureux !

Quand Vulcain gonfle de vent ses soufflets ,

Et que les paysans se rassemblent avec leurs outils ,

Oh î c'est merveille de te voir siffler et écumer

Dans la tasse de bois à anse !

Alors brûle-vent * avance comme la mort

A chaque coup.

Pas de merci , alors , pour le fer ou l'acier ;

Le charnu , ossu , jeune paysan

Fait rouler vigoureusement et tomber à tour de bras

Le fort marteau , Jusqu'à ce que billot et enclume résonnent et chancellent

Sous son bruit étourdissant.

Quand les enfants criards voient la lumière-,

Tu fais babiller bel et bien les commères

Sur le peu de cas que les sots maladroits font de leurs chéries ;

Maudit soit le nom !

Aucune sage-femme n'a une soirée agréable ,

Ni un sou d'eux.

Quand des voisins sont en procès ,

Et aussi furieux qu'il est possible de l'ôtre ,

Combien aisément le jus de l'orge peut

Concilier la querelle !

De tous les honoraires d'avocat le moins cher,

C'est de recourir au baril.

Hélas I faut-il que ma muse ait sujet

D'acx'user ses compatriotes de trahison 1

Mais beaucoup humectent journellement leur trachée-artère

Avec d'agréables liqueurs , Et c'est à peine si , une fois dans tout l'hiver,

Ils lui en demandent le prix.

Fi de l'eau-de-vie , cette drogue brûlante !

Source cruelle de mainte douleur et maladie subite !

l Le forgeron. {N. d. trad.î

POESIES DE BLRNS. 9

Elle enlève à maint pauvre ivrogne , hébété et stupide ,

La moitié de ses jours; Et envoie, de plus, l'argent de la vieille Ecosse

A ses plus grands ennemis.

Vous , Ecossais , qui voulez du bien à la vieille Ecosse 1

C'est à vous surtout que je parle ,

Pauvres diables sans un liard ainsi que moi !

Il vous est nuisible D'avoir affaire aux vins amers et coûteux ,

Ou à la liqueur étrangère.

Puisse la gravelle déchirer sa vessie , Et la goutte le torturer pouce à pouce , Celui qui tord sa face d'un air

D'aigre dédain A l'offre d'un verre de punch de whisky

Avec d'honnêtes gens.

O whisky l âme des jeux et des badinages 1 Accepte les humbles remerclments d'un barde I Quand tu me manques , combien criards et discords

Sont mes pauvres vers 1 Tu viens , ils résonnent à leur rang ,

Au c-1 l'un de l'autre 1

O toi , Ferintosh I si cruellement perdu !

Ecosse, gémis de côte en côte 1 Maintenant la colique et la coqueluche

Peuvent nous tuer tous ; Car le bateau frété du loyal Forbes

Est pris !

Ces maudites sangsues de l'accise , Qui font leur butin des alambics à whisky î Lève ta main , diable ! une fois , deux fois , trois fois !

Allons , saisis-moi ces drôles 1 Enfourne-les dans des pâtés de soufre ,

Pour les pauvres buveurs damnés î

Fortune l si seulement tu veux m'assurer

Des culottes en bon état, un pain, et un quart de pinte de whisky,

Et force rimes pour extravaguer à volonté ,

Prends tout le reste , Et fais tes affaires comme ton aveugle habileté

Te dirigera le mieux.

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