LE VIEILLARD
Tout récemment, revêtus de joyeuse verdure.
Les bois égayaient le jour ;
17 i POÉSIES DE BURNS.
Sous de douces oiidées les fleurs riantes
Se paraient d'un double éclat :
Mais à présent nos joies se sont envolé!»
Devant le souffle de l'hiver I Pourtant le nouveau mois de mai, dans ses riches atotirâ,
Les ramènera toutes.
Mais sur ma tête blanche aucun dégel bienfaisant
Ne fondra les neiges de l'Age.
Mon vieux tronc, sans toit ni abri ,
S'affaisse sous la fureur de l'hiver de la vie. Oh 1 la vieillesse a de rudes journées ,
Et des nuits d'insoditik* péhible !
Age d'(tt éé la prMirièré Jeunesse,
Pourquoi ne revkns-tu p9ê ?
Près de la rivière d'Allan il m'arriva d'errer.
Lorsque Phœbus s'enfonçait derrière Benledi >, Les vents chuchotaient à travers le bois.
Le blé jaune ondoyait mollement ; J'écoutais une chanson d'amour}
Et songeais aux nombreux plaisirs du jeune ige , Et toujours les échos du bois sauv^ répéluieni — ^
Ohl je t'aime tendrement, Annie.
Oh 1 heureux soit le berceau de chèvreieuille j
Qu'aucun lutin nocturne ne l'effraie ) Et que jamais le chagrin ne souille l'heure ^
Le lieu ni l'instant où je rencontrai ma chérie 1 Sa tête sur mon sein palpitant ,
Elle dit, en s' affaissant i « le ftuis à toi pour jmnàifl I * Xandis que maint baiser scellait
Le voeu sacré de ne jamais nous séparer;
La rive couverte de primevères est le séjour favori du printemps,
L'été aime à suivre les troupeaux.
Combien gai , durant ses jours qui raccourcissent ,
Est l'automne sous ses vêtements jaunes !
Mais peuvent-ils attendrir le cîBUf brûlant ,
Ou enchaîner l'âme dans une volupté muette, Ou darder le ravissemehf âu ti^ters de chaque nerf,
Ck)mme de la rencontrer, elle le trésor de notre sein ?
1. Montagne occidentale de 8trath-Allan , haute de 3009 ftieda.
POÉSIES DE BURH9. 475