‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 110 sur 150 · A JI. J. MAURICE · texte numérisé non relu

A JI. J. MAURICE

Dans le Jura.

Nous gravissions de nuit une route sévère.

Une côte escarpée aux rochers les plus hauts ; L’orage avait cessé ; chaque nue en lambeaux Flottait, laissant des jours où brillait quelque sphère.

PENSÉES D’AOUT

Une raie un peu blanche au loin parut se faire :

C'est l'aube, dit quelqu'un; et sur ces monts si beaux,

Si beaux de ligne sombre, et pour moi si nouveaux,

Je chantais en mon cœur : Voyons l'aube légère !

Mais, à peine à mon siège où j’étais remonté,

Le sommeil du matin, pesant, précipité.

Ferma de plomb mes yeux. — Quand déjà l’aube errante

Luit du bord éternel, ainsi l’autre sommeil.

Le sommeil de la mort saisit l’ànie espérante.

Et nous nous réveillons au grand et plein soleil !

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