‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 127 sur 150 · TRADUIT · texte numérisé non relu

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Hélas ! répondez-raoi, qu'est-elle devenue ? Mathurin Régnier, Stances.

JN'ous étions deux enfants à passer notre enfance, Mais Elle si charmante et plus jeune que moi;

Nous vivions d'une égale et mutuelle foi,

Et cette sœur aimable avait nom Innocence.

Nous aurions tous les deux pleuré pour une absence, Mais voilà qu’un matin l’orgueil me prend : « Et Toi, N’es-tu pas homme enfin? Il dit, et je le croi.

Je me mêle à la foule, et l’air impur m’offense.

Ma jeune amie en pleurs s’enfuit à cet affront, Cachant dans ses deux mains la rougeur de son front : Je la perdis alors dans la forêt profonde.

0 douce Bien-Aimée, où donc a-t-elle fui?

Dites, quel chaste Éden me la cache aujourd’hui? Que je la cherche encor, fùt-elle au bout du monde!

(UX SOIR, LE LENDEMAIN DU SONNET DE LAMb)

Paroles, vœux d’un cœur amoureux et timide. Redoublez de mystère et de soin caressant.

Et près d’elle n’ayez d’aveux que dans l’accent ! Accent, redevenez plus tendre et plus limpide.

NOTES ET SONNETS

Ému d’un pleur secret sous son charme innocent! Regards, retrouvez vite et perdez l’étincelle;

Soyez, en l’effleurant, chastes et purs comme elle : Car le pudique amour qui me tient cette fois,

Cette fois pour toujours! a pour unique choix.

La vierge de candeur, la jeune fille sainte.

Le cœur enfant qui vient de s’éveiller.

L’âme qu’il faut remplir sans lui faire de crainte. Qu'il faut toucher sans la troubler!

SONNET

Un cœur jà mûr en un sein verdelet.

Ronsard.

Ces jours derniers dans les airs, la Nature Avait encor je ne sais quelle aigreur.

Qui, sous l’éclat d’Avril, comme une erreur,

Faisait obstacle à l’entière verdure.

Trop jeune cœur et beauté trop peu mûre Sous leur soleil ont aussi leur verdure :

Pour l’adoucir et la fondre en ardeur.

Que faut-il donc? et quelle heure est plus sûre?

Mais, l’autre soir, un nuage expiré Cède soudain ; la Nature a pleuré.

Et d’une pluie elle s'est attendrie;

Le Printemps règne. — Ainsi, fière Beauté,

Qu’un seul pleur tombe en ta jeune âpreté.

Et ce n’est plus qu’amour et rêverie.

NOTES ET SONNETS

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