‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 138 sur 150 · A. M. ALPHONSE DULONG · texte numérisé non relu

A. M. ALPHONSE DULONG

Ne montez Albano qu’au déclin d’un beau jour; Descendez-le surtout aux heures inclinées :

Si tendrement, de loin, ses lignes dessinées,

Une heure avant l’Ave, peindront mieux leur contour.

Pour que l’œil aux objets glisse avec plus d’amour. Le bon moment n’est pas le midi des journées.

Ces pentes, de leur cloître au sommet couronnées. Ont besoin d’un soleil qui les prenne au retour.

Quand baisse le rayon, c’est alors qu’on commence! A bien voir, à tout voir dans la nature immense ; Midi superbe éteint les lieux tout blancs voilés.

De même dans la vie, on voit mieux lorsque l’àge Trop ardent a fait place à. cette heure plus sage. Aux obliques rayons, hélas ! d’ombre mêlés :

NOTES ET SONNETS

Saint-Laurent-hors-des-Murs d’un sens profond m’explique Les Pères primitifs et leur ton vénéré;

En entrant là, d’abord en eux je suis entré :

Rien du beau simple, aisé, ni du parfait antique :

Un composite un peu barbare, au moins rustique; Colonnes de tout bord, même au socle enterré.

Mais pur jaspe ou lapis I mais ce parfum sacré Qui surtout le remplit, ô vieille Basilique !

Qu’importe où fut ce marbre avant de t’arriver?

En lisant saint Justin, souvent un mot se lève,

Un mot d’or qu’en Platon l’on eût pu retrouver;

Mais le mot, sans Platon, se couronne et s’achève!

Même harmonie en toi Basilique où je rêve,

Et prier y pénètre encore mieux y rêver.

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