‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 141 sur 150 · A GEORGE SAND · texte numérisé non relu

A GEORGE SAND

J’avais au plus petit, au plus gai mendiant.

Au plus gentil de tous, chantant et sautillant.

Vrai lutin gracieux qui s’attache et se moque. J’avais lâché, le soir en rentrant, un ba'ioque :

Et voilà qu’au matin, dès le premier soleil.

Quand Pestum espéré hâte notre réveil,

Voilà que dans la cour de l’auberge rustique,

Pareils à ces clients de l’opulence antique.

De petits mendiants, en foule, assis, couchés. Veillaient, épiant l’heure et d’espoir alléchés.

Et quand le fouet claqua, lorsque trembla la roue. Du seuil au marchepied quand notre adieu se joue. Que de cris ! tous debout, grimpés, faisant tableau. Demi-nus, fourmillant, gloire de Murillo !

Et nous courions déjà qu’il en venait encore.

Les cheveux blondissant dans un rayon d’aurore ; Ils sortaient de partout, des plaines, des coteaux. Allègres, voltigeant, et de plus loin plus beaux, Rattachés d’un haillon à la Grèce leur mère,

NOTES ET SONNETS

Purs chevriers d'Ida, vrais petit-fils d’Homère,

Tous au son du ba'ioque accourus en essaim.

Comme l’abeille en grappe à la voix, de l’airain,

Salerne.

SONNET

J’ai vu le Pausiljpe et sa pente divine;

Sorrente m’a rendu mon doux rêve infini;

Salerne, sur son golfe et de son flot uni.

M’a promené dès l'aube à sa belle marine.

J’ai rasé ces rochers que la grâce domine,

Et la rame est tombée aux blancheurs d’Atrani; C’est assez pour sentir ce rivage héni;

Ce que je n’en ai vu, par là je le devine.

Mais, ô Léman, vers toi j’en reviens plus heureux;

Ta clarté me suffit; apaisé je sens mieux

Que tu tiens en douceurs tout ce qu’un cœur demande ;

Et Blanduse et ses flots en mes songes bruiraient,

Si j’avais un plantage où, le soir, s’entendraient Les rainettes en chœur de l’étang de Champlande!

SONNET

Pardon, cher Olivier, si votre alpestre audace Jusqu’aux hardis sommets ne me décide pas ;

Si quelque chose en moi résiste et pèse en bas ; Si, pour un seul ravin, tantôt j’ai crié grâce!

NOTES ET SONNETS

Tous oiseaux à l’envi ne fondent tout l’espace, Toutes fleurs n’ont séjour, passé de certains pas;

Si quelqu’une, plus fière, a doublé ses appas.

Il en est du vallon qui n’ont que là leur grâce.

N’en ayez trop dédain, quand vous les respirez.

Tout mon être est ainsi : pas d’haleine trop haute; Promenade aux coteaux, poésie à mi-côte.

C’est le plus, et de là j’ouïs les bruits sacrés.^ Pourtant, pourtant j’ai vu, traîné par vous, cher hôte, Sur Aï les cieux bleus que vous m’avez montrés^ !

Lioson.

Lasciva capella.

VmGlLK.

C’est où ces dames vont promener leur caprice.

La Fontaine.

La chèvre m’avait vu, couché sous le sapin,

Faire honneur à ma gourde et trancher à mon pain; Je repars, elle suit, folle et capricieuse.

Friande, je le crois, mais surtout curieuse :

A la montagne on est curieux aisément.

Et l’étranger qui passe y fait'événement.

J’allais à travers clos, entre monts et vallées.

Me frayant un sentier aux he-rbes non foulées. Broyant et gentiane et menthe et serpolet. Enjambant les treillis de chalet en chalet :

Elle suivait toujours. Que faire? A chaque claie,

A chaque croisement et clôture de haie Je passais-, et du cri, du geste la chassant.

Je refermais l’endroit d’un triple osier puissant;

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