‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 2 sur 150 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

mais je compte désormais la contenir de plus en plus et, pour ainsi dire, la réduire en moi au strict nécessaire du cœur. Je n’aurais, d’ailleurs, rien de nouveau, je le sens, à présenter au public, et je ne pourrais que multiplier des variantes fastidieuses des mêmes essais. Je dirai donc à la Muse, en la congédiant plus qu’à demi, ce que lui disait Virgile (car j’aime à croire que ces vers qu’on lui attribue sont de lui), et je le dirai avec bien plus de certitude de le tenir :

Ite hinc, Gamenæ : vos quoque ite, primo ævo Dulces Gamenæ; nam fatebimur veram,

Dulces fuistis. El tamen meas chartas Revisitote; sed pudenter et raro.

Avril 1840.

P. -S. On a ajouté dans cette réimpression quelques pièces qui ne faisaient point partie de l’édition de 1840, en s’attachant toutefois à ne pas rompre l’ordre et la gradation des nuances, ce qui est important dans ces volumes de Si/lves. S’il se trouvait, après cela, des lecteurs assez attentifs pour remarquer encore qu’on a négligé certaines petites choses entre celles qui ont paru dispersées dans les recueils périodiques, ils sont prévenus que l’auteur a eu en cela son intention, et que ces pièces doivent sans doute se retrouver à leur place dans quelque autre partie des œuvres.

Décembre 1844.

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