‹ Poésies complètes de Saint-BeuveChapitre 50 sur 150 · A UNE AMAZONE · texte numérisé non relu

A UNE AMAZONE

Dans ces essors fougueux d’un galop insensé Où va, soir et matin, votre coursier lancé.

Dans ses fuites sans fin sur la pâle bruj^ère.

Vous vous croyez bien chaste, Amazone si fière !

Pourtant dans les hasards de cet emportement J’ai, Madame, un rival, vous avez un amant...

— Et qui donc? — Le Zéphvre. — Oh! non ce zéphyr tendre Fade, et que sans sourme on ne peut plus entendre.

Ce zéphir des boudoirs, des bosquets de Paphos,

Ce badin langoureux éteint sous des pavots :

Non, mais le grand Zéphvre à l’aile tiède, immense, D'Aquilon et d'Eunis le rival en puissance,

Avant que dans Paphos il fût efféminé;

Aux flots d’Égée aussi par les Dieux déchaîné; Franchissant, frissonnant, s’égayant dans l’aurore *,

A soupirs redoublés battant le lac sonore.

Sous la chaude nuée emplissant tous les airs.

Enflant d’aise et d’amour la cavale aux déserts,

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