A UNE AMAZONE
Dans ces essors fougueux d’un galop insensé Où va, soir et matin, votre coursier lancé.
Dans ses fuites sans fin sur la pâle bruj^ère.
Vous vous croyez bien chaste, Amazone si fière !
Pourtant dans les hasards de cet emportement J’ai, Madame, un rival, vous avez un amant...
— Et qui donc? — Le Zéphvre. — Oh! non ce zéphyr tendre Fade, et que sans sourme on ne peut plus entendre.
Ce zéphir des boudoirs, des bosquets de Paphos,
Ce badin langoureux éteint sous des pavots :
Non, mais le grand Zéphvre à l’aile tiède, immense, D'Aquilon et d'Eunis le rival en puissance,
Avant que dans Paphos il fût efféminé;
Aux flots d’Égée aussi par les Dieux déchaîné; Franchissant, frissonnant, s’égayant dans l’aurore *,
A soupirs redoublés battant le lac sonore.
Sous la chaude nuée emplissant tous les airs.
Enflant d’aise et d’amour la cavale aux déserts,