LES CONSOLATIONS
Des passions en vous les rumeurs ont cessé ;
De vos afflictions le lac est amassé;
Il ne bouillonne plus; il dort, il dort dans l’ombre,
Au fond de vous, muet, inépuisal)le et sombre;
A l'entour un esprit flotte, et de ce côté Les lieux sont revêtus d’une triste beaulé.
Blais ailleurs, mais partout, que la lumière est pure!
Quel dôme vaste et bleu couronne la verdure;
Et combien cette voix pleure amoureusement !
Vous cbantez, vous priez, comme Abel, en aimant :
"Nmlre cœur tout entier est un autel qui fume.
Vous y mettez l’encens et l’éclair le consume;
Chaque ange est votre frère, et, quand vient l’un d’entre eux. En vous il se repose, — ô grand homme, homme heureux!
Juillet 1829.
Depuis que cette pièce a été adressée à noire illustre poète, un ailreux malheur est venu la démentir, et montrer que pour le (jrand homme heureux, tout le lac des afflictions n’était pas amassé; il y manquait une goutte encore, et la plus amère.
Janvier 1830.
SONNET
L’autre nuit, je veillais dans mon lit sans lumière.
Et la verve en mon sein à flots silencieux S’amassait, quand soudain, frappant du pied les cieux. L’éclair, comme un coursier à la pâle crinière.
Passa; la foudre en char retentissait derrière.
Et la terre tremblait sous les divins essieux;
Et tous les animaux, d’effroi religieux Saisis, restaient chacun tapis dans leur tanière.
Mais moi, mon àme en feu s’allumait à l’éclair;
Tout mon sein bouillonnait, et chaque coup dans l’air A mon front trop chargé déchirait un nuage.
J’étais dans ce concert un sublime instrument ; Homme, je me sentais plus grand qu’un élément.
Et Dieu parlait en moi plus haut que dans l’orage.
.loùt 1829.
vin