A MON AMI GH. LABITTE
En voyant , jusqu'ici ce que j'ai vu si peu , La nature et sa gloire , et sa simple harmonie ; Au sombre fond des pins cette douceur unie Des saules en cordon , feuillage pâle et bleu ;
En voyant ces épis , sous des rayons de feu , Ou blonds , ou d'or ardent et la tête brunie , Ou verts de tige encor , toute une onde infinie , Et que demain la faux nivelle d'un seul jeu ;
En voyant , Emmenthal * , verdoyer ta vallée , Et luire au grand soleil , épaissie , émaillée , Cette herbe la plus tendre au regard qui s'y prend ,
Je pensais : Que ne puis-je ainsi peindre en mon style ! Comme on dirait alors : Sa nuance est facile ! Comme on dirait de moi : Son art est transparent !
* V Emmenthal , riche portion du canton de Berne.