LE TOMBEAU DE DEL1LLE
Sur ce brillant tombeau qui connut de beaux jours , Où pleuvait l'immortelle, où riait la verdure, Que l'admiration berçait de son murmure, Qu'un long soleil de gloire embrassa dans son cours ,
Le temps vient; tout succède, et les neveux sont sourds. Seule , une vieille sœur , qui ne sait pas l'injure , Croit au poète mort : pour offrande et parure Plus de fleurs que le peu qu'elle apporte toujours !
Mais l'bivpr..., mais si pauvre..., bêlas ! reviendra-t-elle ?
Tu l'as su : dès demain , sur le marbre fidèle ,
( Bienfait tout embelli qu'enchante un noble égard ! )
Elle trouve , en changeant la couronne fanée ,
La bûche du foyer, le pain de la journée,
La goutte d'un vin pur , cher au cœur du vieillard !
SONNET
La jeunesse est passée : un autre âge s'avance ; J'en ai senti déjà les signes sérieux. *
L'instant est solennel : fuyons loin de ces lieux ! L'Amour qui m'a laissé ne m'en fait plus défense.
Partons : dans le détroit où mon esquif se lance , Il convient d'être seul pour de mornes adieux , La main au gouvernail , l'œil au profond des cieux , Le cœur ouvert et haut pour tout voir en silence.
Des rivages aimés les derniers sont venus ;
Ils passent ; c'est l'entrée aux grands flots inconnus.
A de tels horizons il est temps de se faire. "
Naples, Rome, en passant à peine je vous vois ; Mais , vous entrevoyant , que mes pleurs quelquefois Coulent plus adoucis sur ma ride sévère !
SUR LA SAONE,