EN VOYANT UNE JEUNE FEMME A SA FENETRE
Au bord de ce balcon , quelle vie ennuyée Demande au flot qui passe un bonheur qui n'est pas ? Quelle tête charmante , à la vitre appuyée , Semble au gai voyageur dire un aveu tout bas ?
Mais peut-être elle Ta , plus que je ne suppose , Elle Ta, ce bonheur, sans tant de vœux subtils, Et , ne désirant rien , elle dit : « Où vont-ils ? N'ont-ils donc pas chez eux le jasmin et la rose?... »
Et puis peut-être encor , ce que je lui donnais
En idéal bonheur , en idéal veuvage ,
N'était rien qu'un coup-d'oeil aux tonneaux du rivage,
Un rêve au bon rapport de son crû maçonnais.
SONNET
Avignon m'apparalt dans sa charmante enceinte D'un joli , grave encor , d'un sérieux mignon ; Si bien que l'on dirait , sans jouer sur le nom , Que Mignard, d'après Rome, en copiant l'a peinte,
(Ce Mignard le Romain aimait fort Avignon) :
Jolis remparts sans louve, un Vatican sans 'crainte , Pour Tibre le grand Rhône , orageux compagnon , Mais aussi la Durance ; et puis Laure pour sainte.
C'est du romain plus tendre, en Provence il est né; C'est du romain venu près du bon roi René.
Des papes sommeillants le tombeau rit encore ;
Et mon sonnet léger et pourtant attendri
N'est qu'un feston de plus sur leur marbre fleuri ,
Une perle de plus dans ta couronne , ô Laure !
SONNET