LETTRE-PRÉFACE
j'en arrivai à connaître si bien les secrets de sa ^ie qu'ils devinrent les secrets de la mienne ; et ceux en qui il avait eu confiance avaient confiance en moi. Elmira Shelton, son premier et dernier amour, qui garda fidèlement dans son cœur, durant tant d'années, le souvenir de son ami, me révéla le secret de leur affection; sa malheureuse sœur, Rosalie Poe, fit de moi le dépositaire de ses derniers souvenirs; Marie-Louise Shew, sa généreuse bienfaitrice et confidente, me confia le journal qu'elle avait tenu des plus intimes confessions de sa vie passée ; Sarah Helen ^Yhitman, qui fut sa fiancée, m'ouvrit son cœur, me laissa lire les lettres d'amour qu'il lui avait adressées et me donna des reliques de leur tendresse ; « Stella » me fit don de ses manuscrits, de ses lettres et de son dernier portrait, le plus beau de tous ; Annie, enfin, son Annie bien-aimée, mit dans mes mains ses lettres si belles et les copies de quelques-uns de ses plus beaux poèmes. Quant à Mrs Glemm, celle qu'il appelait sa < plus que mère », j'étais trop jeune pour l'avoir connue, mais je possède maintes pages de sa correspondance concernant son « Eddie chéri », comme elles le nommaient, elle et sa fille, dans l'intimité. Toutes ces personnes sont mortes, et tous les
collaborateurs et associés de Poe ont disparu, mais ce qu'ils savaient de lai, je le sais et leurs secrets m'appartiennent. Quoi d'étonnant que je sois comme quelqu'un qui le connut et que je le considère comme un ami personnel. J'ai travaillé pour sa gloire et défendu sa réputation mieux qu'il ne l'aurait fait lui-même, car j'ai appris à connaître mieux qu'il ne le pouvait ceux qui furent ses vrais amis et ceux qui furent le contraire. Mon effort a porté ses fruits et le halo de gloire du poète ne cesse de grandir.
D'ici peu, dans une édition revue et augmentée de ma Vie d'Edgar^ Poe, je publierai les derniers résultats des recherches que je poursuis depuis trente ans et, comme tous ceux-là sont morts visà-vis de qui la réserve s'imposait, on connaîtra enfin la véritable histoire du grand écrivain américain.
En attendant, cher monsieur Mourey, veuillez continuer de me considérer comme votre frère en Edgar Poe.
John H. Ingram.
Londres, février 1910.
collaborateurs et associés de Poe ont disparu, mais ce qu'ils savaient de lui, je le sais et leurs secrets m'appartiennent. Quoi d'étonnant que je sois comme quelqu'un qui le connut et que je le considère comme un ami personnel. J'ai travaillé pour sa gloire et défendu sa réputation mieux qu'il ne l'aurait fait lui-même, car j'ai appris à connaître mieux qu'il ne le pouvait ceux qui furent ses vrais amis et ceux qui furent le contraire. Mon effort a porté ses fruits et le halo de gloire du poète ne cesse de grandir.
D'ici peu, dans une édition revue et augmentée de ma Vie d'Edgar Poésie publierai les derniers résultats des recherches que je poursuis depuis trente ans et, comme tous ceux-là sont morts visà-vis de qui la réserve s'imposait, on connaîtra enfin la véritable histoire du grand écrivain américain.
En attendant, cher monsieur Mourey, veuillez continuer de me considérer comme votre frère en Edgar Poe.
John H. Ingram.
Londres, février 1910.