LALAGÉ ET POLITIAN LALAGÉ
Et tu parles d'amour,
à moi, Poïitian ? — tu parles d'amour
à Lalagé? — Ah, malheur, ah, malheur à moi ! Cette moquerie est très cruelle— très cruelle vraiment.
POLITIAN
Ne pleure pas ! oh ! ne sanglote pas ainsi I — tes larmes amères
me rendront fou. Oh, ne te désole pas, Lalagé —
sois consolée ! Je sais — je sais tout,
et cependant je parle d^amour. Regarde-moi, ma radieuse
et belle Lalagé 1 — tourne ici tes yeux I
Tu me demandes si je puis parler d'amour,
sachant ce que je sais, et voyant ce que j'ai vu.
Tu me le demandes — et je te réponds ainsi —
ainsi, le genou plié je te réponds .
{S'riCfenouillant.)
Douce Lalagé, je faîme — je Caime — je t'aime ;
à travers le bien et le mal — à travers la joie et la douleur, je t'aime.
Pas une mère, avec son premier-né sur ses genoux,
ne tressaille d'un plus intense amour que le mien pour loi.
Etsurl'autel de Dieu, en aucun temps ou aucun climat»
ne brûle un feu plus sacré que celui qui brûle maintenant
dans mon âme pour toi. Et t'aimé-je?
{Se levant.)
Même pour tes malheurs je l'aime — même pour tes malheurs —
ta beauté et tes malheurs.