LE LAG. A
Dans le printemps de ma jeunesse ce fut mon lot
de hanter un endroit du vaste monde
que je ne pouvais aimer moins —
si charmante était la solitude
d'un lac sauvage, borné de noirs rochers,
avec de hauts pins qui s'élevaient autour.
Mais quand la Nuit avait jeté son poêle sur cet endroit comme sur tout, — et que le vent mystique passait murmurant en mélodie — alors — ah, alors je m'éveillais à la terreur de ce lac solitaire.
Cependant cette terreur n'était pas de la peur, mais de tremblantes délices —
POÈMES DE JEUNESSE 19i>
un sentiment qu'une mine de pierres précieuses
ne pourrait m'apprendre ou me forcer à définir —
ni l'Amour — même si cet Amour était le tien.
La Mort était dans ses vagues empoisonnées,
et dans leur gouffre une fosse faite
pour celui qui voudrait en tirer une consolation
à ses pensées solitaires —
et dont l'âme esseulée pourrait faire
un Eden de ce sombre lac.