BENITO
Il sort, suivi de Poliliant
LE DUC
Il se retire ! Il n est pas bien !
BALDAZZAR
S'il vous plaît, seigneur. Je crains bien
que ce soit ce que vous dites — Sa Seigneurie n'est pas bien.
292 POÉSIES COMPLBTES
L'air humide du soir, la fatigue d'un long voyage... le... Vraiment j'aurais mieux fait de suivre Sa Seigneurie. Il ne doit pas être bien. Je reviendrai tantôt.
LE DUC
Revenez tantôt !
Gela est vraiment étrange Par ici, mon fils, je désire m'entretenir avec vous. Vous vous êtes sûrement trompé dans ce que vous disiez du comte. Joyeux, en vérité ! — qui de nous a dit que Politian était un homme mélancolique ?
Ils sortent.
Les Poèmes de Jeunesse comprennent d'abord les pièces imprimées dans le premier volume de 1827 qui, pour des raisons de famille encore peu connues, ne vit jamais le jour, puis d'autres faisant partie des volumes de 1829 et de 1831, quelques-uns, enfin, provenant de diverses sources.
Introduction (page 143).
C'est par ce poème que s'ouvrait le volume que Poe publia en 1829 sous le titre : Al Aaraafj Tamerlane and Minor Poems by Edgar A. Poe. — Baltimore, Hatch and Dunning, 1820.
Avant de publier ses poèmes, Poe en avait envoyé quelques-uns à John Neal qui dirigeait alors le Yankee,po^iv lui demander son avis. Le directeur du Yankee lui répondit dans son journal: « Si E.-A. Poe de Baltimore, (dont les vers sur le Ciel — quoiqu'il les considère comme tout à fait supérieurs à tous ceux qu*a produits la poésie américaine, réserve faite pour deux ou trois vétilles — sont, quoique des fadaises, des fadaises plutôt exquises), veut se montrer sévère envers lui-même, il est capable d'écrire un beau et peut-être un magnifique poème. Il y a de quoi justifier cet espoir
dans ces vers {ici une vingtaine de vers de « Pays de Fées », voir page 196). Nous n'avons pas la place d'en publier d'autres. »
A cette appréciation sympathique, le jeune poète répondit aussitôt :
Je suis jeune, je n'ai pas encore vingt ans, je suis poète, si le culte profond de toute beauté peut faire de moi un poète, et je désire 1 être dans le sens courant de ce mot. Je donnerais le monde pour donner corps à la moitiédes idées qui flottentdans mon imagination. (En passant, vous rappelez-vous, ou avez-vous jamais lu, l'exclamation de Shelley sur Shakespeare : < Combien d'idées doivent avoir flotté par le monde avant qu'un tel écrivain puisse naître ! ») Je m'adresse à vous comme à un homme qui aime la même beauté que j'adore — la beauté naturelle du ciel bleu et de la terre éclairée par le soleil — il ne peut y avoir de lien plus fort que celui-ci de frère à frère. Ce n'est pas assez qu'ils s'aiment l'un l'autre, puisqu'ils aiment tous deux le même père — leurs affections suivent toujours la même direction, le même courant, sans se mêler. Je suis et j'ai été, dès mon enfance, un paresseux. Aussi ne peut-on dire que :
« J'ai sacrifié une vocation à ce métier de paresseux ou enfreint un devoir, ou désobéi à un père >,
car je n'ai ni père ni mère.
Je suis sur le point de publier un volume de « Poèmes >, dont la plus grande partie a été écrite avant que j 'eusse quinze ans. Au sujet du poème Le Ciel, le directeur du Yankee dit : « Il peut écrire un beau sinon un magnifique poème », (Gs sont les premières paroles d'encouragement que je me souvienne d'avoir entendues.) Je suis très sûr que jusqu'ici je n'ai écrit ni l'un ni l'autre — mais que je peux tenir et 'que je tiendrai mon serment, si l'on m'en donne le temps.
Al Aara.\f (page 147).
Al Aaraaf parut pour la première fois, précédé du sonnet intitulé maintenant A la Science, eu. 1829. Le texte traduit ici est, en substance, conforme au texte original.
Mais dans l'édition de 1831, ce poème (le plus long de l'œuvre de Poe), commençait parles trente-neuf vers suivants, supprimés dans toutes les éditions postérieures:
Mystérieuse étoile !
Tu fus mon rêve
toute une longue nuit d'été —
sois maintenant mon sujet I
Près de ce clair ruisseau
j'écrirai de toi ;
de temps en temps de loin
baigne-moi dans ta lumière
Ton monde n'a pas les tares du nôtre,
mais toute la beauté — toutes les fleurs
qui écoutent notre amour ou parent nos bosquets
dans les jardins des rêves, où reposent
tout le jour les rêveuses jeunes filles;
tandis que les vents argentins de Gircassie
sur des couches de violettes s'évanouissent.
Peu — oh! bien peu habite en toi
qui ressemble à ce que nous voyons sur terre :
ici les yeux de la Beauté sont les plus bleus
chez celle qui est la plus fausse et la plus infidèle —
sur l'air le plus suave flotte
la note la plus triste et la plus solennelle —
Si chez toi les cœurs sont brisés.
la joie si paisiblement s'en va
que son écho toujours demeure
comme le murmure dans le coquillage.
Toi ! ton plus vrai symbole de peine
est la feuille qui, doucement, tombe —
Toil Si sacré est ton domaine
que la douleur n'est pas même la mélancolie.
Tamerlan (page 170).
Le titre exact du volume de 1827, était : Tamerlane and other Poems hy a Bostonian. — Boston : Calvin S. Thomas, 1827, et portait ces deux vers de Gowper en épigraphe :
Les jeunes têtes sont étourdies etles jeunes cœurs sont chauds et commettent des erreurs que l'âge mûr réforme.
Une préface ouvre ce petit livre, où le jeune poète informe ses lecteurs que le plus grand nombre des poèmes qu'il renferme « furent écrits en 1821-1822, leur auteur n'ayant pas encore achevé sa quatorzième année ». Des petits poèmes, avoue-t-il,« il y a très peu de chose à dire : ils ont peut-être un goût trop prononcé d'amour de soi, mais ils sont l'œuvre de quelqu'un qui est trop jeune pour connaître le monde autrement que par son propre cœur.»
Quant à Tamerlan, « il a essayé d'y montrer la folie de seulement risquer les meilleurs sentiments du cœur sur l'autel de l'ambition. 11 a conscience que ce poème contient de nombreuses fautes (sans parler du caractère général du poème) qu'il aurait pu sans peine, et il s'en flatte, corriger, mais contrairement à ses
prédécesseurs, il a eu trop de tendresse pour ses premières productions, pour les modifier ou les corriger une fois vieux. Il ne dit pas que le succès de ces poèmes le laisse indifférent — ce succès lui serait un précieux stimulant — mais il peut affirmer avec certitude qu'un insuccès n'aura aucune influence sur les résolutions qu'il a déjà prises. Si c'est là jeter un défi à la critique.... soit. Nos hœc novimus esse nihil. »
Tamerlan occupait dix-sept pages et différait considérablement de la version actuelle. L'héroïne se nomme Ada et le héros Alexis : Tamerlan n'est que la nom de guerre du fameux conquérant. Le poème fourmille d'allusions personnelles, d'aveux intimes : c'est l'âme de Poe, ivre de désir, d'ambition, de rêves, qui palpite à travers ces strophes, dans ces vers, quand il parle de
L'âme qui a conscience de son droit inné : le mystique empire et la souveraine puissance donnés par l'énergique force du génie, à son heure natale.
Et encore, quand il affirme qu'
Il y a dans un grand esprit le pouvoir de connaître le destin dont il héritera : l'âme qui couvait un tel pouvoir, toujours trouvera Vorgueil comme maître de sa volonté.
Et quand, enfin, il fait allusion à ces sceptiques
Qui ont peine à convenir que quelqu'un puisse devenir « grand », né dans leur propre sphère — qui ne croient pas qu'ils s'inclineront durant leur vie devant quelqu'un
qu'il leur est possible de voir chaque jour
dans son intimité — sur qui le soleil de la Fortune
n^a jamais étincelé éblouissant,
et qui est humble et de leur niveau.
« A cette idée, continue M.J.-H. Ingram, que le jeune aspirant à la gloire énonçait en vers, il consacrait encore une note pour démontrer qu'il est très difficile « de faire croire à des hommes en général que quelqu'un avec qui ils sont dans des termes d'intimité sera appelé dans le monde « un grand homme » et il croit que l'évidente raison en est qu' « il y a très peu de grands hommes et que leurs actions ne sont constamment vues par la masse qu'à distance. Les traits dominants de leur caractère sont seuls remarqués et ces facultés qui sont infinies et communes à tous, n'étant pas observées, semblent n'avoir aucun rapport avec un grand caractère. »
A HÉLÈNE (page 180).
Ces exquises strophes parurent pour la première fois dans le volume de 1831. Voir, en ce qui concerne les circonstances où elles furent composées la note sur : A Hélène, page 260.
La Vallée de l'Agitation (page 181).
Parut dans le volume de 1831 sous le titre La Vallée Nis : voir page 227.
A... (page 215)
Ce poème qui n'a plus maintenant que deux strophes clans les éditions courantes des Poèmes en comptait cinq dans l'édition de 1829. C'est la traduction du texte de 1829 que je donne ici.
Lettre Préface de M. John H. Ingram.
dédicace 11
Préface . 13
Le Corbeau 15
Les Cloches 23
Ulalume 28
A Helen. — Je te vis une fois 33
Annabel Lée 37
Une Valentine 40
Une Énigme 42
A MA Mère 44
Pour Annie 46
A F... — Aimée, au milieu des profondes tris-
fesses 51
A Frances Sargent Osgood 52
Eldorado 53
Eulalie 55
Un rêve dans un rêve 57
A Marie-Louise Shew. — De tous ceux qui sa-
luent ta présence 50
A Marié-Louise Shew. — Iln'yapas longtemps... 61
La cité en la mer 63
La Dormeuse 66
Ballade nuptiale 69