POÈMES DE L'AGE MUR
Lenore (page 73).
Fut publié, presque sous sa forme actuelle, dans le Pioneer en 1842 ; mais la première idée date de 1831 ; (voir page 212). Un Péan.
A UNE EN Paradis (page 76).
Ce poème faisait partie d'abord du Visionnaire, conte intitulé aujourd'hui V Assignation et paru eu 1835. Isolément, il parut dans le Gentleman s Magazine de Burton en juillet 1839, sous le titre: A lanthe au ciel.
Le Colisée (page 78).
Parut dans le 5a ^urJâî/ Visitor deBaltimore en 1833, et en août 1835 dans le Southern Literary Messenger, avec cette mention: Poème primé. En effet, le Saturday Visitor avait organisé un concours^ avec deux prix,
l'un de cent, l'autre de cinquante dollars pour le meilleur conte et le meilleur poème. Poe, l'ayant appris, s'était hâté d'y prendre part. Il avait envoyé six contes parmi lesquels le Manuscrit trouvé dans une bouteille et quatorze vers extraits d'un drame auquel il travaillait alors, Politian ; c'est le sonnet, le Colisée. Le jury lui attribua d'abord les deux prix, mais un seul, le prix de cent dollars lui resta acquis, afin qu'il restât possible d'encourag-er un autre concurrent.
Poe était alors dans une si noire misère que l'un des membres du jury, désireux de le connaître^ l'ayant prié à dîner, il se vit forcé de lui répondre qu'il ne pouvait venir « pour des raisons de la plus humiliante sorte, mon aspect personnel. Vous pouvez imaginer la mortification que j'éprouve à vous faire cet aveu, mais cela est nécessaire... »
Le Palais Hanté (page 81).
Qui parut d'abord dans VAmerican Museum d'avril 1838, fut plus tard intercalé dans la Chule de la Maison Usher, et publié ainsi dans le n° de septembre 1839 du Gentleman s Magazine de Burton. Il reparut séparément dans l'édition de 1845 des Poèmes.
Le Ver Conquérant (page 84).
Maintenant inséré dans le conte favori dePoe^ Ligéia, fut d'abord publié dans VAmerican Museum de septembre 1838. Séparément, il reparut dans le Graham's Magazine de janvier 1843.
Silence (page 86).
Ce sonnet parut pour la première fois dans le Gentleman's Magazine de Burton en avril 1840.
Pays de songes (page 87).
Parut pour la première fois dans le Graham^ s Magazine de juin 1844.
A Zante (page 90).
On ne découvre aucune trace de ce sonnet avant janvier 1837, date où il fut publié dans le Southern Literary Messenger.
Hymne (page 91).
La première version de ce petit poème faisait partie de Morella et parut dans le Southern Literary Messenger d'avril 1835. Dans sa version et sous son titre actuels^ il fut publié pour la première fois en août 1845 dans le Broadway Journal.
PoLiTiAN (page 93)
Les fragments de Politian connus aujourd'hui du public parurent pour la première fois dans le Southern Literary Messenger de décembre 1835 et janvier 1836,
SOUS le titre : Scènes de Politian, drame inédit. Ces mêmes scènes figurèrent sans modifications dans le recueil des Poèmes de Poe de 1845. La plus grande partie du manuscrit original devint dans la suite la propriété de M. John Ingram, qui n'a pas jugé utile, pour la mémoire du poète, de la publier. C'est une œuvre de début, hâtive et peu travaillée et, les scènes déjà parues mises à part, à peine digne de la gloire d'Edgar Poe.
Pour donner, cependant, une idée de ce que sont les scènes, encore inédites, voici un fragment de la première scène du deuxième acte. Le Duc, on s'en souvient, est l'oncle d'Alessandra et le père de Castiglione, fiancé d'AIessandra.
Pourquoi riez-vous ?
CASTIGLIONE
Vrai, Je le sais à peine moi-même. Asseyez -vous. N'est-ce pas hier que nous parlions du comte ?
Du comte Politian ? oui, c'était hier : Alessandra, vous et moi ; vous devez vous en souvenir ! Nous nous promenions dans le jardin.
Parfaitement Je me rappelle. Qu'y a-t-il ? Qu'y a-t-il donc ?
CASTIGLIONB
Oh! rien — rien du tout.
Rien du tout !
Il est fort singulier que vous riez de rien du tout.
CASTIGLIONE
Fort singulier, singulier !
LE DUC
Voudriez- vous, Gastiglione, être assez aimable pour me dire, seigneur, ce que vous voulez dire. De quoi parlez-vous ?
GASTIGLIONE
N'est-ce pas cela ?
Nous différions d'opinion au sujet de lui.
LE DUC
Lui ! Qui ?
CASTIGLIOXE
Mais, le comte Politian,
LE DUC
Le comte de Leicester ! Oui ! — est-ce de lui que vous voulez
parler ?
Nous différions en effet. Si je me les rappelle bien, les mots dont vous vous serviez étaient que le comte que
vous connaissiez n'était ni instruit, ni jovial.
Ah! ah ! - Tai-je dit?
Vous l'avez dit, seigneur, et je savais bien alors que vous aviez tort, car ce n'est point là le caractère du comte que tout le monde prétend être un homme fort jovial. Ne soyez pas, mon fils, trop absolu à l'avenir.
CASTIGLIO:<E
C'est singulier!
Très singulier ! Je n'aurais pas cru possible que si peu de temps pouvait changer autant quelqu'un ! Pour dire la vérité sur ce qui s'est passé il y a une heure, comme je me promenais avec le comte San Ozzo, bras dessus bras dessous, nous avons rencontré cet homme
même, le comte — lui, avec son ami Baldazzar, qui venait d'arriver à Rome. Ah ! ah ! il est changé ! quel récit il m'a fait de son voyage !
Il vous aurait fait mourir de rire, avec les histoires qu'il racontait de ses caprices et de ses joyeux tours le long du chemin ! Quelle bizarrerie — quel humour, — qujl esprit — quelle fantaisie — quels éclats de folle gaité rendus combien plus saisissants par la grave contenance de son ami — qui, pour dire la vérité, était la gravité en personne —
Ne vous l'avais-je pas dit ?
Vous l'avez dit — et cependant c'est étrange, mais aussi vrai
qu'étrange.
Comme je me suis trompé 1 J'avais toujours cru le comte un homme mélancolique.
Ainsi, ainsi, vous voyez, Ne soyez pas trop absolu. Qui avons-nous là? Ce ne peut être le comte ?
CASTIGLIONE
Le comte, ohl non.
Ce n'est pas le comte, mais si, c'est lui — s'appuyant sur son ami Baldazzar. Soyez le bienvenu, seigneur!
Entrent PoUtlan et Baldazzar.
Mon seigneur, laissez-moi vous souhaiter pour la seconde fois
la bienvenue à Rome. Sa grâce le duc de Broglio.
Pèrel voici le comte Politian, le comte de Leceister en Grande-Bretagne.
Politian s'incline avec hauteur.
Voilà son ami Baldazzar, duc de Surrey. Le comte a des lettres, s'il vous plaît, pour Votre Grâce.
Ah 1 ah! soyez le très bienvenu à Rome et dans notre palais, comte Politian. Vous aussi, très noble duc! je suis heureux de vous voir! J'ai connu votre père, mon seigneur Politian.
Gastiglione ! faites venir ici votre cousine et que je fasse faire au noble comte la connaissance de votre fiancée. Vous arrivez, seigneur, à une époque très favorable. Le mariage...
POLITIAN
Au sujet de ces lettres, seigneur dont votre fils parlait — votre fils, n'est-ce pas lui ? — au sujet de ces lettres, seigneur, je n'en savais rien. S'il y en a, mon ami Baldazzar, ici.... Baldazzar, ah!— mon ami Baldazzar, ici les remettra à Votre Grâce. Je vais me retirer.
LE DUC
Vous retirer? Déjà!
CASTIGLIONE
Holà? Benito! Rupert !
Les appartements de Sa Seigneurie — indiquez-les à Sa Seigneurie !
Sa Seigneurie ne se sent pas bien.
Entre Benito,
Par ici, mon Seigneur