ACTE I, SCÈNE VI. lOS
SPINETTE
Mort pour vous? — Il est temps que Tinconnu paraisse Pour vous débarrasser cL*une telle tendresse.
STLVIA.
Crois-tu que le revoir me le fasse oublier?
SPINETTE
Certes, j'y trouve cent contre un à parier; Car rhomiiie le meilleur et de plus belle mine Est si loin du héros qu'une femme imagine, Et, vu sans cesse, il est parfois tellement sot, Maladroit , fat, jaloux, brutal, homme en un mot. Que nous souffrons toujours un peu de sa présence Et ne Taimons vraiment qu'en pleurant son absence. Plus il est loin et plus nous en pensons de bien. Et, pour peu qu'il soit mort, il ne lui manque rien; De ses vertus, alors, tout devient une preuve; Il n'est d'époux parfait que celui d'une veuve.
SYLYIA.
Que tii me connais mal ! les cœurs comme le mien Ne changent pas, Spinette.
SPINETTE
Oh! ne jurons de rien.
SYLVIA
Allons voir cependant ma sœur, que trop d'absence
Pourrait surprendre enfin et mettre en défiance.
SPINETTE
Elle ne pense pas à vous, n'ayez pas peur{
Elle attend aujourd'hui Lélio, son plaideur.
Ainsi, restez, sortez, soyez triste ou riante...
SYLVIA
Ne nous y fions pas : elle est si clairvoyante I — Me cacher de çaa sœur l Quelle h.Qnte 1 . . ,
SPINJBTTi;,
Et pourquoi Ne la pas consulter? Je lui dirais tout, moî.
SYLVIA
Elle se moquerait de ma chère folie.
■ ■ * I fil
SPINETTE
Réponse concluante et de bon sens remplie :
En effet, pour ne pas augmenter nos ennuis, Ne consultons jamais que gens de notre i^vis.
! ( ^lef enteept ob«« MarÛ^Oi^
FIN DU fBKHiPK ACTi: