ACTE II, SCËNE III
Si j'ai réellement Thumeur qu'on me suppose; Et si je ne l'ai pas, c^est vous exposer fort A trouver un peu tard que vous avez eu tort.
LÉLIO
Ce prétendu hasard n'a rien que j'appréhende, Madame ; car à l'air dont j'ai fait ma demande. Il faut pour l'accepter que vous ayez du sens Et préfériez le fond aux dehors séduisants.
L'épreuve me suffit, et je n'en veux pas d'autre. Vous êtes bien mon fait dès que je suis le vôtre.
MARFISE
J'aime la raillerie et m'y prête au besoin ;
Mais franchement, Monsieur, celle-ci va trop loin.
LÉLIO
Jamais de plaisanter je n'e^s si peu d'envie. Et je ne fus jamais plus grave de ma vie.
MARFISE
Alors ayez, Monsieur, s'il vous plaît, la bonté De changer le sujet de votre gravité.
LÉLIO
J'en suis confus, Madame : excusez mon audace, Mais...
MARFISE
Si vous persistez, je vous quitte la place.
LÉLIO
Il me faut respecter oe rigoureux arrêt :
Mais trouves bon du moins que oe soit à regret
HAAPISE.
Pour cela, j*y consens.
Merci, -^ Pour notre affaire. Puisque Texpédient ne peut tous satisfaire.
Je vous en fais Tarbitre, et veux m'en rapporter A ce qu'il vous aura convenu d'arrêter.
UARFISE.
Ce procédé, Monsieur...
LÉLIO
Je vous crois juste et sage.
Mais dussé-jo en souffrir encor quelque dommage. Je l'aime mieux ainsi qu'être en guerre avec vous , Sur qui j'ai pu fonder un espoir aussi doux,
MARFISE
Mais, Monsieur...
LÉLIO
Il est temps d'abréger ma visite.
Pourtant, un mot encore avant que je vous quitte; Car j'aurais de la peine à vous laisser de moi Mauvaise opiuion...