SYLVIA, SPINETTE
SPINETTB.
Je veux bien vous servir encor, car je suis bonne.
SYLVIA
Non, abandonne-moi, comme je m^abandonne.
SPINETTE
Hé quoi!...
SYLVIA
J^ai réfléchi , vois-tu , que sans noirceur Je ne puis conspirer ainsi contre ma sœur.
Va, puisque Lélio lui plaît, qu^elle réponse : Je me résigne à tout
SPINETTE
Vous n'êtes plus jalouse?
SYIiVlA.
De qui rétais-je , hélas I j'y songe avec efifroi : D'une sœur qao j'adore, et qui fut tout pour moi , Qui me servit de mère, éleva mon enfance, Et que je n'ai pas dû trahir pour récompense l
SPINEÏTE.
Par exemple, voilà qui me parait touchant!
— Et vous comptez mourir d'ennui, dans quel coaveot?
SYLTIA.
Non, mon âme au malheur se familiarise :
]\Ion entrée au couvent affligerait Marfise...
spinj:ïte.
Ah! ne l'aflEligez pas - surtout à vos dépens!
SYLVIA
De tout ce que j'ai fait déjà je me repens I
Et VOUS VOUS contlamuez à voir votre rivale Ouvrir à votre amant la chambre nuptiale?
SYLVIA
J'ai même quelque joie à ces nouveaux pix)jets ; Je verrai le bonheur d'heureux que j'aurai faits. Et leur sacrifierai tout l'espoir de ma vie.
Sans qu'ils sachent jamais ce que je sacrifie.