‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 66 sur 108 · SYLVIA, SPINETTE · texte numérisé non relu

SYLVIA, SPINETTE

SPINETTB.

Je veux bien vous servir encor, car je suis bonne.

SYLVIA

Non, abandonne-moi, comme je m^abandonne.

SPINETTE

Hé quoi!...

SYLVIA

J^ai réfléchi , vois-tu , que sans noirceur Je ne puis conspirer ainsi contre ma sœur.

Va, puisque Lélio lui plaît, qu^elle réponse : Je me résigne à tout

SPINETTE

Vous n'êtes plus jalouse?

SYIiVlA.

De qui rétais-je , hélas I j'y songe avec efifroi : D'une sœur qao j'adore, et qui fut tout pour moi , Qui me servit de mère, éleva mon enfance, Et que je n'ai pas dû trahir pour récompense l

SPINEÏTE.

Par exemple, voilà qui me parait touchant!

— Et vous comptez mourir d'ennui, dans quel coaveot?

SYLTIA.

Non, mon âme au malheur se familiarise :

]\Ion entrée au couvent affligerait Marfise...

spinj:ïte.

Ah! ne l'aflEligez pas - surtout à vos dépens!

SYLVIA

De tout ce que j'ai fait déjà je me repens I

Et VOUS VOUS contlamuez à voir votre rivale Ouvrir à votre amant la chambre nuptiale?

SYLVIA

J'ai même quelque joie à ces nouveaux pix)jets ; Je verrai le bonheur d'heureux que j'aurai faits. Et leur sacrifierai tout l'espoir de ma vie.

Sans qu'ils sachent jamais ce que je sacrifie.

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