‹ Poésies complètes (volume 2)Chapitre 67 sur 108 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, ADRASTE.

spinette.

Venez, Monsieur, venez que Ton vous attendrisse! Nous allons consommer un très-beau sacrifice.

Qu'est-ce donc?

SPINETTE

Nous trouvons que ce serait noîrceui* De traverser ainsi l'espoir de notre sœur; De quelle sœur encor l De la sœur la plus chère

Qui soigna notre enfance et nous servit de mère...

ADRASTE, àpart.

La pauvre enfant 1

SPINETTE

D'ailleurs, cela nous satisfait :

Nous verrons un bonheur qui sera notre fait.

Et notre dévouement n'a rien qui nous effraie, Il nous rend au contraire heureuse et presque gaie; Les bonnes actions rafraîchissent le sang...

Qu'en dites-vous, Monsieur, n'est-ce pas très-plaisant?

Sylvia, vous avez une âme noble et grande.

Aussi la seule grftce au ciel que je demande Est de vous voir heureuse avant de vous quitter.

S.YLVIA.

Me quitter?

Oui , je pars.

SPINETTE

Mais c'est là déserter I Un véritable amant doit être opiniâtre.

Et non pas se tenir pour battu sans combattre 1

J'ai fait ce que j'ai pu, Spinette, et je vois bien

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