A F. PONSARD
Jeune homme fortuné, pour qui la Muse antique N'a pas de corps secret ni de voile pudique, Dis-moi près de quel bois , au bord de quel ruisseau Tu la surpris baignant ses pieds polis dans l'eau, Et, lorsqu'elle fuyait confuse d'être nue, " ' Par quels discours charmants elle fut retenue. Sans doute tu lui dis : « Muse, ne me crains pas : Décroise et de ton sein laisse tomber tes bras ; Je suis digne de voir ta beauté tout entière, Car depuis bien longtemps je te cherche et révère; Je fais mépris de ceux qui font mépris de toi, ' Qui te trouvent trop vieille et ton regard trop froid Et ne se doutent pas, les fous, qu'une Immortelle N'est pas sujette à l'âge ert reste toujours belle I