ACTE V/SCÈNE IV. 2Î
MARFISE
Sylvia m'a montré les périls du bon sens, Et ce que j'en ai vu chez de certaines gens M'a réconciliée avec l'extravagance.
ADRASTE
Je dois à Lélio quelque reconnaissance , A ce compte.
MARFISE
Il est vrai : son vilain procédé Autant que Sylvia pour vous-même a plaidé.
ADRASTE
Plaise au ciel que jamais à son tour ma folie Avec le sens commun ne vous réconcilie !
MARFISE
Ma sœur prétend qu'au fond vous n'êtes pas si fou , Et que je serai là pour crier casse-cou.
ADRASTE, bas à Sjlvia.
C'est encor vous?...
SYLVIA, de même.
Toujours.
MARFISE
La paix du mariage, Dit-elle, amortira cette fougue de l'âge.
228 LES MÉPRISES DE L'AiMOUR.
ADRASTE
Qu'en sait-on? Mes défauts sont des plus entêtés, Et j'en suis plein.
MARFISE
Vraiment? — Parmi ses qualités Tu n'avais pas, ma sœur, compté la modestie.
ADRASTE, à part.
Bon! je perds du terrain à chaque repartie!
(Haut.)
Si j'ai tant de vertus, pourquoi donc l'autre jour?..
MARFISE
C'est qu'alors je doutais encor de votre amour.
ADRASTE
Et VOUS n'en doutez plus?
MARFISE
Je cède à l'évidence.
ADRASTE, à part.
Elle prend bien son temps !
MARFISE
Ni monindiflférence, Ni les projets d'hymen qu'il m'avait plu former N'ont pu décourager votre cœur de m'aimerl
Si vous ne vous rendez qu'à ma persévérance !