SCÈNE V Les Mêjies, SPINETTE
s P I N E T T E , effarée.
Ah ! Madame ! ah ! Monsieur !
SYLVIA
Qu'est-ce?
SPINETTE
Ah ! Mademoiselle !
Bas.
Feignez l'étonnement.
Haut.
Quelle étrange nouvelle!
A peine je la crois moi-même qui la disi
ADRASTE
Parle.
SPI NETTE.
Non , devinez ; je vous le donne en dix! Ce hâbleur, ce menteur, ce gourmand, cet ivrogne, Ce fripon, ce pendard, ce coureur sans vergogne, Ce païen qui jamais ne s'était repenti , Ce suppôt de Satan , Gabiolle est converti l
ADRASTE
Converti? lui, Gabiolle?
s FINE ï TE.
Oui , co*nverti , vous dis-je !
Un père capucin en a fait le prodige.
Gabiolle avec le vice a pour jamais rompu ; Mais avant de quitter ce monde corrompu , Il va de porte en porte, à grandes révérences, Demander à chacun pardon de ses offenses. On dit que c'est pitié de sa contrition : Aux gens qu'il a dupés il présente un bâton Les priant sur son dos de châtier ses crimes... Mais il est embrassé par toutes ses victimes I
ADRASTE
Gabiolle converti î je n'en puis revenir I
Je ne m'étonne plus de rien à l'avenir.