ACTE I, SCENE IV. 9!l
ADRASTE
Laisse là ta gaîté, car je suis au martyre.
GABIOLLE.
Laissez là vos chagrins, car j'ai besoin de rire.
ADRASTE
Maraud I
GABIOLLE.
Parbleu ! lequel à perdre est le meilleur De votre désespoir ou de ma belle humeur?
ADRASTE
Je ne ris pas.
GABIOLLE.
Tant pis, mais ce n'est pas ma faute.
ADRASTE
Marfise...
Encor l'amour ! — - Ah ! Monsieur, voilà l'hôte Qu'il faut chasser. — Croyez votre humble serviteur ; Celui qui n'aime pas, vit sans peines de cœur.
ADRASTE
Veux-tu m'entendre?
GABIOLLE.
Il dort la grasse matinée, A la digestion donne Taprès-dînée,
Et n'a jamais l'esprit d'autres soucis troublé Que d'un coq matinal ou d'un rôti brûlé.
ADRASTE
Bourreau !
GABIOLLE.
Ce n'est pas lui qu'on verrait, d'humeur noire, Quereller ses valets d'être gais après boire !
ADRASTE
Tu te feras rosser, faquin !
GABIOLLE.
Ce n'est pas lui Qui rosserait ses gens pour charmer son ennui.
(Adraste Ift hat.)
Oh ! là ! oh î ménagez l'échiné d'un pauvre homme.
ADRASTE
Veux-tu m'entendre, enfin?
s'il faut que l'on m'assomme, J'aime mieux que ce soient vos récits que vos coups. Parlez , me voilà triste autant et plus que vous. Nous nous affligerons , Monsieur, de compagnie.
ADRASTE
Marfise me refuse.