SCÈNE III SYLVIA, SPINETTE
Ah ! qu'as-tu fait , Spinette I
SPINETTE
J'ai semé de Tamour dans son cœur.
SYLVIA
Non , jamais l .
Il n'a pas seulement compris que je l'aimais ! Hélas ! quelle froideur ne m'a-t-il pas montrée I
SPINETTE
Et pourquoi diantre aussi faire la mijaurée ? Que ne lui parliez-vous ?
SYLVIA
Son premier compliment A glacé dans mon cœur tout mon épanchement. Je ne suis rien pour lui qu'à cause de Marfise ! 11 m'appelle sa sœur ! — Que ce nom me suffise ; Je n'en cherche pas d'autre. — Oui , je serai sa sœur, Et j'y trouve, Spinette, encor quelque douceur.
SPINETTE
Je sais les agréments du rôle de victime :
On charme sa douleur en se trouvant sublime ,
Et puis, à votre insu, le temps vous séchant l'œil
Vous ôte la douleur et vous laisse Torgueil.
C'est tout profit. Mais quoi ! je voudrais qu'à votre âge
Votre cœur vous servît pour un meilleur usage :
La résignation est sotte et me déplaît.
Tais-toi : voici quelqu'un.
Adraste et son valet.