‹ Poésies complètesChapitre 84 sur 118 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

Je quitte Lélio surpris et satisfait ,

Et je rapporte ici l'appât de ma nouvelle.

Qu'en dites-vous, Monsieur, et vous, Mademoiselle?

SPINETTE

L'artifice est sublime en sa simplicité.

ADR AS TE

Te le trouve fort bête et fort mal inventé.

GABIOLLE.

Spinette, réponds-lui, car ma voix se fatigue.

ADRASTE

Nos gens sans être fins éventeront l'intrigue, Dès qu'à leurs procureurs ils iront s'éclaircir.

SPINETTE

Bon ! ils s'éclairciront, mais plus tard, à loisir... Allez , la défiance est sagesse importune Quand il s'agit de croire à la bonne fortune.

Mais ils s'expliqueront en se démariant,

SPINETTE

Par lettre, et c'est le beau de notre expédient. Ces choses-là , ]\îonsieur, sont honteuses à dire , Et les honnêtes gens aiment mieux les écrire. C'est pour eux l'important de sauver leur maintien, Et quand rien n'est perdu, fors l'honneur, tout va bien.

ADRASTE

Mais leur étonnement en recevant la lettre Les fera s'expliquer et bientôt tout connaître.

SPINETTE

Trop tard. Nulle union n'est possible entre gens Qui se sont laissé voir de si bas sentiments.

ADRASTE

Tous ces raisonnements sont louches.

GABIOLLE.

Malepeste I Comment vous les faut-il ?

SPINETTE

Le désespoir vous reste En tous cas, et les Turcs ne vous manqueront pas.

SYLVIA

Il faut tout essayer plutôt que le trépas.

Par amitié pour moi , laissez faire à leur rusel

Et si nous échouons, qu'on me traite de buse!

ADRASTE

Qu'ils fassent à leur gré ! Je ne m'oppose à rien

SPINETTE

C'est tout ce qu'il nous faut. Mais, chut ! Marfise vient

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