‹ Poésies complètesChapitre 89 sur 118 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ADRASTE, LÉLTO.

L^lio s'assied à droite du théâtre. Adraste se prjmène de l'autre côté en réflécliissant.

ADRASTE, à part.

La pauvre enfant ! ce trait de Lélio l'achève ! Comment la secourir? — Il faudra que j'y rêve.

LÉLIO, à part.

Grâce à ce que j'ai vu dans ce triste entretien ,

J'épouse sans estime une femme sans bien.

L'humeur qu'elle a montrée à mes yeux la dépare ,

Et je l'aimerais mieux sotte ou laide qu'avare !

Impossible de rompre! Elle m'accuserait

De reprendre ma foi pour un vil intérêt ,

Et j'ai tant célébré son noble caractère ,

Que mes meilleurs amis me jetteraient la pierre...

Il faut m'exécuter... et le pis de mon cas

Est d'avoir à me plaindre et de ne l'oser pas.

ADPxASTE, à part.

C'est cela! je le tiens!

A L^IiO.

Parbleu ! Monsieur, îMarfise A dû là vous causer une étrange surprise ?

Comment Tentendez-vous , Monsieur?

ADRASTE

Il m'a paru

Qu'elle n'a pas agi comme je l'aurais cru,

Et votre délicate et loyale insistance

Me semblait mériter plus de reconnaissance.

Et sur quoi Jugez-vous qu'elle m'en puisse avoir ? Je n'ai rien fait ici qui ne fût mon devoir.

ADRASTE

11 se peut, mais pour moi je sais bien qu'à sa place J'aurais voulu du moins en faire la grimace ; Car l'obligé se doit d'en montrer en tout cas Même pour un bienfait qui n'en mérite pas.

Chacun son goût, Monsieur; je hais les simagrées.

ADRASTE

Il en est cependant qui ne sont pas outrées. Ainsi Marfise eût fait quelques difficultés ; Au lieu de prendre au mot vos libéralités ,

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