ACTE IV, SCÈNE VII
Elle vous eût rendu par quelque résistance Libre de vos bienfaits, que c'eût été, je pense, Agir avec fierté, convenance et bon goût.
Et moi de votre avis je ne suis pas du tout. Elle n'eût pas mal fait ; elle a fait mieux encore : Sa conduite en cela tous les deux nous honore ; Et cette confiance entière dans ma foi Témoigne qu'à ma place elle eût fait comme moi.
A DR AS TE
Parbleu ! ce serait bon à dire si Marfise Eût pris soin de cacher un peu sa convoitise; Mais au lieu d'un accueil modeste et presque froid , Elle s'est empressée à réclamer son di^oit ; Et cet empressement n'est pas de bon augure Pour ce qu'elle aurait fait dans votre conjoncture.
Vous êtes cependant au rang de ses amis,
Et ce n'est pas à vous que le blâme est permis.
ADRASTE
J'avais beaucoup d'estime et d'amitié pour elle : '.lais ses torts envers vous ont refroidi mon zèle.
C'est trop de soins pour moi.
ADRASTE
Non , je suis enragé De voir un galant homme en ce piège engagé.
Quand je ne me plains pas, nul n'a droit de me plaindre : Je suis fort satisfait
ADRASTE
Oh ! vous avez beau feindre , Vous ne me ferez pas croire que sans dépit...
Je suis fort satisfait : tenez-vous-le pour dit.
ADRASTE
Mon intervention est peut-être indiscrète ?
Oui, Monsieur, franchement, vous me rompez la tête.
ADRASTE
C'est à regret, Monsieur, que je suis impoli...
Ne le soyez donc plus.
ADRASTE
Mais comme votre ami...
Hé! Monsieur mon ami, qui m'échauffez la bile, Faites-moi l'am^*^ de me laisser tranquille !