‹ Poésies complètesChapitre 95 sur 118 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

Ont la riposte vive et sauraient vous répondre.

Certe ! ils parlent beaucoup , mais réussissent peu ; Moi , je fais le contraire et préfère mon jeu.

ADRASTE

Comme vous voilà vain pour une réussite ! Croyez-vous la devoir à votre seul mérite?

A moins de la devoir au vôtre cependant

ADRASTE

Votre prospérité vous rend outrecuidant!

Î.ÉLIO. ■

Parbleu , mon cher ! depuis le jour qui m'a vu naître , C'est la première fois que j'ai sujet de l'être ! Et je négligerais si bonne occasion De m'élever un peu dans mon opinion?

Non ! — Je fus trop sevré , par un sot stratagème , Des charmantes douceurs de me plaire à moi-même ; Je veux , pour une fois , m'en donner tout mon soûl , Être fat , oui , morbleu ! pour en savoir le goût , Et remerciant Dieu du bonheur qu'il m'envoie , D'aucun respect humain n'embarrasser ma joie.

ADRASTE

Pour un original que l'on a tant vanté...

On n'est original que par nécessité ,

Et je ne le suis plus du jour que la fortune

Me permet d'être heureux à la façon commune !

C'est la bonne, et je vois gaiement s'évanouir

Le temps où je croyais être exclu d'en jouir...

J'entre , dès aujourd'hui , dans une humeur nouvelle ,

Ou plutôt je reprends mon humeur naturelle;

Je veux suivre les bais, m'amuser sans repos,

Être gai , rire à tout et dire des bons mots ;

Et je vais de ce pas, pour me mettre à la mode ,

Acheter un habit plus riche et moins commode.

ADRASTE

c'est bien vu !

N'est-ce pas ? Vous, mon cher, cependant, Préparerez Marfîse au revers qui l'attend. Dorez-lui la pilule, enfin faites en sorte Qu'elle puisse me voir sans colère trop forte. Son amitié pour moi n'a pas grande douceur, Mais quoi ! je la ménage à cause de sa sœur.

ADRASTE

J'entends.

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