ACTE IV, SCÈNE VIL
ADRASTE
Soit, mais...
Le bras moins rond, la main moins fine et blanche»
ADRASTE
J'en conviens, mais...
Le pied moins mignon..,
ADRASTE
En revanche...
Elle n'a pas surtout ce charme de seize ans !
ADRASTE
lié, morbleu ! croyez- vous ces détails amusants?
Laissez-moi savourer mon bonheur sans mélange! C'est votre ouvrage, au fait '.—Comme je gagne au change Car enfin , mon ami , je vous le dis tout bas : Marphise est veuve, et l'autre... et l'autre ne l'est pas
Allez au diable !
LÉLIO
Point ! c'était bon tout à l'heure :
Je me plais maintenant sur terre , et j'y demeure 1
ADRASTE, à part.
Oiie je le trouve laid, et qu'il a mauvais ton !
]\Iais concevez-vous bien qu'on m'aime?
ADRASTE
Ma foi , non !
Car vous n'êtes pas beau.
LÉLIO
Ni galant! -- Je m'étonne Par où j'ai pu gagner cette aimable personne ! Certe, on ne dira pas que ce soifc par mes soins , Et jamais homme aimé n'aura soupiré moins.
ADRASTE, à part.
Il lui manquait encore d'être fat, le bélître!
Au cœur de Sylvia je n'ai, certe, aucun titre; Je voudrais bien savoir combien de beaux muguets Pour lui plaire ont perdu leurs pas et leurs bouquets ! Que j'aurais de plaisir à leur dire à la ronde : Vous avez la voix tendre et la moustache blonde ; Mais moi, que vous traitez d'ours et dours mal léché, Je suis aimé , Messieurs , et sans l'avoir cherché.
Ces muguets, quels qu'ils soient, que vous croyez confondre,