LÀ PRISE D'ALGER
TE ûEUiM
Gloire à toi, Dieu puissant^ Dieu qui bénis nos armes! De lis et de lauriers décorons le saint lieu : En hymne de bonheur changeons nos cris d'alarmes; Nous sommes vainqueurs ; — gloire à Dieu !
0 délire I ces temps si chers à notre histoire^ Ces beaux jours de triomphe, ils reviennent encor; Les soldats d'Austorlitz, de notre vieille gloire N'ont pas épuisé le trésor.
Tous les fléaux d'Alger défendaient les murailles; Un soleil implacable embrasait notre camp, Et la terre complice, en ses noires entrailles, Cachait un factice volcan.
Nos marins combattaient les écueils et Torage, La foudre se mêlait aux éclairs de l'airain; Mais, pour eux, la tempête est un heureux présage. Un souvenir de Navarin.
On débarque — et l'Arabe a mordu la poussière : Le dey rallie en vain ses bataillons épars. Celui qui des Français insulta la bannière La voit flotter sur ses remparts.
0 mystères du sort! ô volonté suprême!
Un Français dans nos murs amena l'étranger; On l'appela transfuge... et cet homme est le même Que Dieu choisit pour nous vpnger.
A l'amour de nos rois sa valeur asservie Voyait dans leur retour un gage de bonheur. Et, pour eux, il fit plus que de donner sa vie. Guerrier, il donna son honneur!
Faisant, d'un nom maudit, un souvenir qu'on aime, La victoire lui jette un éclatant pardon. Et du pur sang d'un ûls le glorieux baptême Lave la tache de son nom.
Français, de tous vos cœurs qu'un noble orgueil s'empare. D'un drapeau triomphant qu'importe la couleur! S'il fait fuir l'ennemi, qu'importe qu'il se pare D'un aigle — ou d'une blanche fleur?
Ne (rouillons point dos jours rendus à l'espérance; Fions-nous à nos droits, qu'on ne peut nous ravir. Ce roi qui suit donner tant d'orgueil à la France Ne peut songer à l'asservii-.
Soyons unis. — Un peuple instruit par la victoire Ne voit dans un succès qu'une grande leçon. Dans le siècle des lois, le flambeau de la gloire Est un guide pour la raison.
Gloire à toi. Dieu puissant. Dieu qui bénis nos armes ! De lis et de lauriers décorons le saint lieu : En hymne de bonheur changeons nos cris d'alarmes; Nous sommes vainqueurs; — gloire à Dieu!
Villiers-sur-Orge, 11 juillet 1830.