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LE BAL DES PAUVRES

Gloire aux cœurs généreux inspirés par l'aumône, Qui, nous associant aux largesses du Irène, Et volant au secours du malheur abattu. Ont montré des Français la plus belle vertu ! Longtemps de cette fête on redira l'histoire; Le riche et l'indigent béniront sa mémoire. Quel luxe ! quel éclat I — Ce soleil de cristal. Ces diamants, ces fleurs, ces feuillages de lierre. Ces panaches légers flottant sous la lumière, Semblaient réaliser un songe oriental.

Tous les cœurs s'enivraient de la même harmonie. Tous partageaient l'éclat d'une bonne action.

Ah ! de l'éternefle union

Était-ce la cérémonie?

iMon cœur ému sentit, à ce brillant aspect. D'un orgueil tout français les nobles jouissances; J'admirai dans ma joie, avec un saint respect. Cette fraternité de toutes les puissances; La noblesse des rangs, la noblesse des arts. Les soutiens novateurs d'une riche industrie, Mêlés à ces guerriers, honneur de la patrie. Dont l'Europe soumise a vu les étendards; Et cette autre puissance habile, enchanteresse, Ces femmes dont la grâce est une autorité.

Qui venaient d'employer leurs charme?, leur adresse,

A demander la charité ; Ce prince, rayonnant de bonlieur, d'espérance, (Jui n'a jamais souffert, et qui plaint la souffrance!

De nos plaisirs combien il triomphait!

Son nom retentissait dans la foule ravie :

A peine il entre dans la vie.

Son premier pas est un bienfait.

Observant de chacun la bienveillance active. Je prêtais aux discours une oreille attentive; J'aimais des étrangers les éloges flatteurs : « Paris, se disaient-ils, est une ville heureuse » De pouvoir, en un jour, être si généreuse, » Et compter tant de bienfaiteurs. »

Kl moi, fière de voir tout ce peuple de frères.

Ces intérêts rivaux et ces partis contraires.

Que l'exemple royal avait su rassembler.

Je disais : « C'est en vain qu'on cherche à nous troubler,

» Ce charitable jour est plus qu'un jour de fête,

» i^est un présage heureux, un destin qui s'apprête.

» Au nom du bien de tous, nos débats vont finir :

» Ces partis opposés, qu'un même honneur enflamme,

» Bientôt, comme aujourd'Inii, viendront se réunir j »

Et je sens, à l'espoir dont s'inspire mon âme.

Qu'en chantant ce beau jour je parle d'avcnii'.

Pari^, 18 février 1830.

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