‹ Poésies complètesChapitre 68 sur 82 · A MADAME LA COMTESSE MARESCALCHI · texte numérisé non relu

A MADAME LA COMTESSE MARESCALCHI

Que Mathilde est jolie !

Je la vis quelques jours.

Et pour elle j'oublie -Mes plus chères amours.

Sur un coursier rebelle •le la vis s'élancer.

A cheval qu'elle est belle !

Si belle Qu'on devient infidèle En la voyant passer.

Au bal je l'ai revue,

Le front paré de fleurs.

Là, sa grâce ingénue

Attirait tous les cœurs;

Là, comme une gazelle.

Je la vis s'élancer.

Au bal. Dieu, qu'elle est belle .'

Si belle Qu'on devient infidèle En la vovant valser.

A l'autel de Marie Je l'ai vue à genoax, Et du Dieu qu'elle prie • Je me sentis jaloux.

Sur la pierre auprès d'elle Je vins m'humilier; A genoux qu'elle est belle !

Si belle Qu'on devient infidèle En la voyant prier.

Mais ce n'est rien encore :

Les suaves accents De sa voix que j'adore Ont enivré mes sens ; Sa voix brille, étincelle.

On n'y peut résister.

Que cette voix est belle !

Si belle Qu'on devient infidèle En l'écoutant chanter.

l*etka?sgi:r

Il a passé comme un nuage.

Comme un flot rapide en son cours; Mais mon cœur garJe son image Toujours.

Mais son regard, plein de tendresse, A rencontré mes yeux ravis.

Et depuis ce moment d'ivresse Je vis !

Et ma pensée aventureuse D'un rêve se laisse charmer; Je l'aime... et je me sens heureuse D'aimer.

Mais parfois aussi je me livre, Hélas ! au plus cruel ennui, Quand je songe qu'il me faut vivre Sans lui !

Quoi ! cette âme que j'ai rêvée.

Que longtemps j'ai cherchée en vain, Cette sœur!... je l'avais trouvée Enfin I

Je l'avais trouvée !... ô martyre !

Affreux tourment que j'offre à Dieu !

Je la trouve !... et c'est pouF lui dire Adieu !

Pourtant si le Ciel nous protège...

11 était si pur, notre amour !

Peut-être encor le reverra i-je Un jour.

Oh ! qu'un moment je le revoie, Qu'un moment j'ose le chérir...

Oui, dussé-je de tant de joie Mourir !

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