A MADAME LA COMTESSE MARESCALCHI
Que Mathilde est jolie !
Je la vis quelques jours.
Et pour elle j'oublie -Mes plus chères amours.
Sur un coursier rebelle •le la vis s'élancer.
A cheval qu'elle est belle !
Si belle Qu'on devient infidèle En la voyant passer.
Au bal je l'ai revue,
Le front paré de fleurs.
Là, sa grâce ingénue
Attirait tous les cœurs;
Là, comme une gazelle.
Je la vis s'élancer.
Au bal. Dieu, qu'elle est belle .'
Si belle Qu'on devient infidèle En la vovant valser.
A l'autel de Marie Je l'ai vue à genoax, Et du Dieu qu'elle prie • Je me sentis jaloux.
Sur la pierre auprès d'elle Je vins m'humilier; A genoux qu'elle est belle !
Si belle Qu'on devient infidèle En la voyant prier.
Mais ce n'est rien encore :
Les suaves accents De sa voix que j'adore Ont enivré mes sens ; Sa voix brille, étincelle.
On n'y peut résister.
Que cette voix est belle !
Si belle Qu'on devient infidèle En l'écoutant chanter.
l*etka?sgi:r
Il a passé comme un nuage.
Comme un flot rapide en son cours; Mais mon cœur garJe son image Toujours.
Mais son regard, plein de tendresse, A rencontré mes yeux ravis.
Et depuis ce moment d'ivresse Je vis !
Et ma pensée aventureuse D'un rêve se laisse charmer; Je l'aime... et je me sens heureuse D'aimer.
Mais parfois aussi je me livre, Hélas ! au plus cruel ennui, Quand je songe qu'il me faut vivre Sans lui !
Quoi ! cette âme que j'ai rêvée.
Que longtemps j'ai cherchée en vain, Cette sœur!... je l'avais trouvée Enfin I
Je l'avais trouvée !... ô martyre !
Affreux tourment que j'offre à Dieu !
Je la trouve !... et c'est pouF lui dire Adieu !
Pourtant si le Ciel nous protège...
11 était si pur, notre amour !
Peut-être encor le reverra i-je Un jour.
Oh ! qu'un moment je le revoie, Qu'un moment j'ose le chérir...
Oui, dussé-je de tant de joie Mourir !