‹ Poésies complètesChapitre 74 sur 82 · DÉDIÉ A MADAME LA COMTESSE BEHTRAND · texte numérisé non relu

DÉDIÉ A MADAME LA COMTESSE BEHTRAND

Ce fleuve qui entraîne tout, n'enUaînc pas silôl une telle mémoire, elle est consacrée à l'immorlalilé.

M"" DE SÉviGNÉ, lettre sur la mort de Turenne.

0 divin Ossian, chantre des demi-dienx.

Toi dont les vers mélodieux Autrefois charmaient son oreille^ Pour chanter ce héros, que la mort te réveille. Ce guerrier, ce colosse éclatant de splendeur, 11 est tombé... sans ébranler la terre ! Sans l'écraser du poids de sa grandeur. Comme un cèdre oublié sur le roc solitaire.

Fils de Fingal, saisis ta harpe d'or, Hassemble autour de toi les vainqueurs d'Inistor : Que tous enfin, portés par les orages,

Ouvrent le palais des nuages

Au guerrier qui repose encor.

Devant ce roi déchu, héros, couriez vos têles : Qu'il retrouve son sceptre et commande aux tempîtes; Que sa voix dans les Cieux appelle ses amis l-:t ses nobles soldats dans la poudre endormis.

l'otisiEs m

Et vous, fîUos d'Odin, livrez-vous à la joie; Déployez dans les airs vos voiles oiiduleux, El venez enlever sur un char nébuleuv

Le nouveau dieu que la mort vous envoie. Et loi, son compagnon, réduit à le pleurer, Sur la terre d'exil il le faut demeurer : Si quelqu'envieux-de sa gloire Voulait insulter sa mémoire.

Et lui ravir son rang dans la postérité. Qu'au moins son ami reste encore Pour surveiller l'éblouissante aurore De sa belle immortalité.

Mais nos vœux sont remplis!... Déjà le ciel se eouvre La foudre a réveillé l'écho de la forêt; La nue ardente, à mes regards s'entr'ouvre. Et sa grande ombre m'apparaît !

Vers son trône d'azur, je le vois qui s'élance !

Dieux! quels cris des tombeaux ont troublé le silence?

Pourquoi de toutes parts des cercueils enlr'ouverts?

Quels feux étincelants ont chassé les ténèbres?

Pourquoi ces morts, quittant leurs vêtements funèbres,

D'armes et de lauriers se sont-ils recouverts?

Dans leur pi-ison de marbre ils ne sont plus esclaves :

La mort du général a délivré les braves;

Sa main vient de briser les chaînes du trépas ;

Dans les chemins du Ciel, comme dans les combats.

Son aigle guide encor ses compagnons de gloire;

Tous se sont retrouvés ; et le roi des concerls

Par d:s chants belliiiueux célèbre dans les airs

Du soldat rédempteur la dernière victoire.

Juillet 1821.

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