‹ Poésies complètesChapitre 75 sur 82 · LA VESTALE · texte numérisé non relu

LA VESTALE

Eh bien, ina Valérie, il faut nous séparer;

De la robe d'hymen l'amour va te parer,

Tu vas quitter le temple et tes jeunes compagnes;

Sylvius a du Parthe asservi les campagnes :

Dans Rome délivrée il revient en vainqueui',

Il vient à Valérie offrir son jeune cœur.

Mais, dans un si beau jour, qui peut causer tes larmes

Lorsqu'au sein de la gloire, esclave de tes charmes,

Sylvius à ton sort est fier de s'allier?

VALÉP.IE

A l'autel de Yesta je n'irai plus prier! Mes mains n'oseront plus lui porter une oHVaiuIo ; Des novices déjà j'ai quitté la guirlande; Déjà loin de mon front le saint voile est jeté. Mes accents n'auront plus assez de pureté Pour chanter avec vous l'hymne de la déesse.

Je ii'ubcirai plus à la grande prêtresse.

Quand tes soins veilleront auprès du feu sacré,

Un autre t'offrira le cèdre préparé,

Llmile sainte, les fleurs, l'encens des sacrifices,

Ou des riches moissons les féconJes prémices ;

Et lorsque de mes jours s'éteindra le flambeau.

Si, loin de cet asile, on m'élève un tombeau,

Le lis, emblème pur des jours d'une Vestale,

Ne protégera point ma cendre virginale !

C'en est fait ! je vous quitte; ô mes heureuses sœurs,

Que votre sort obscur m'offrirait de douceurs !

Uion de vos sûnlimciits n'alarme l'innocence ;

Le seul qu'on vous permette est la reconnaissance ;

Votre cœur en jouit sans remords, sans combats;

Au nom que vous aimez vous ne rougissez pas!

Toi, de pressentiments tu n'es point poursuivie ;

Tu connais en un jour tous les jours de ta vie ;

Ton àme est sans rogrel, comme sans avenir,

Pour tui le présent même est un doux souvenir.

.Mais moi, seule, fuyant la déesse chérie,

Exilée à jamais du temple, ma patrie.

Des pièges qu'on ignore en ce chaste séjour

Qui défendra mon cœur?

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