‹ Poésies complètesChapitre 14 sur 79 · ÉPOUSAILLES · texte numérisé non relu

ÉPOUSAILLES

Monseigneur le Printemps, en robe épiscopale D'un violet vivant comme les fleurs d'iris, Ouvrant à deux battants les hauts portails fleuris Au son des clairons d'aube entre en sa cathédrale.

Une tulipe fait sa crosse; en frais camail, Monseigneur le Printemps sous le dôme bleu marche ; Au loin plongent les nefs, et sous leur dernière arche, Le soleil arrondit son aveuglant vitrail !

Les orangers tout blancs, fiévreux et nuptiaux, Ont des frémissements d'orgue; en la campanule, Frêle encensoir, Tencens doré du pollen brûle.. - Sur les nids psalmodie un chœur sacré d'oiseaux.

Blonde, tu me souris vaguement, tu tressailles! Nos cœurs royaux Fun pour l'autre ont battu longtemps. A genoux ! Pour bénir nos blanches épousailles Entre en son temple ému Monseigneur le Printemps!

Janvier 92.

VERS DORÉS 7

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