DANSE SACRÉE
à Paul Claudel.
Tes bras resplendissaient des pierres les plus pures Que tes yeux immortels éclairaient de beaux feux ; Tu trempas ton manteau sang-lant dans nos blessures, Des rubis rougissants veillaient dans tes cheveux.
Quand ta ceinture d'or céda (comme une yeuse
Eclate !) ruissela le flot de velours vert :
Tu te dressais dans la lumière précieuse
Statue aux flancs de marbre et les yeux vers la mer !
Et puis, svelte et les bras mi-clos, prenant les poses D'un calice altéré qui veut boire l'Azur, Sous le zéphyr des luths et des violons purs, Lourdement tu te balançais comme une rose.
VERS DORÉS
Puis tu t'arrondissais en de massives coupes, Ecumantes de tubéreuses et d'œillets ; Ton g*este, épars, soudainement se recueillait, Tes lignes en cadence harmonisaient leur troupe ;
Tu devenais une urne aux flancs de diamant ; j Sous tes parois dormait la manne des Prophètes, I Tu chantais les concepts et les formes parfaites,
— Ta chair d'astre brillait, fruit d'or des firmaments !
Or, puisque tu m'aimas, par ces soirs mag*nanimes,
Puisque tu devinas l'âme des exilés
Tout au fond de mes yeux vaguement étoilés,
l|r Adorable et forçant l'inexpugnable azur, ! Son plus bel astre, je l'ai clos en ce poëme, Héritage d'amour que je lègue aux bohèmes, Comme on suspend un crucifix sur un vieux mur.