‹ Poésies complètesChapitre 20 sur 79 · CHANT DES TROMPETTES D'ÉTÉ · texte numérisé non relu

CHANT DES TROMPETTES D'ÉTÉ

à Adolphe Retté.

Toi qui me disputas à réparpillement D'un monde extérieur qui monnayait mon être, Prends l'or unique et l'or définitif, peut-être, Et que ton effig-ie y brille noblement !

Or, l'azur tout entier habitait la mer blonde,

Toute entière, la mer se mirait en tes yeux :

A cause de cela, je te devins pieux,

Vierge amère, et tu fus pour moi la Fleur du monde.

VERS DORÉS gi

Il me fallut douer d'une réalité,

0 blanche ombre des lys, ta flottante apparence,

Tant m'ont charmé tes yeux, que, dans leur transparence,

J'ai surpris l'unité du monde et sa beauté.

Aussi, roi des ailleurs et roi des lendemains, Eternisé dans ton irrévocable grâce, Ai-je rempli de pleurs le creux de tes deux mains, En songeant à ceux-là qui blasphèment ma race.

Lorsque tu vins, posant tes pieds frais sur les eaux, J'ai semé d'astres d'or les plis mous de ta robe. — — Sois le temple de fleurs et de flamme, et qu'une aube Immortelle illumine à jamais tes vitraux.

Et sois fière, en songeant qu'au cours des heures creuses (Gomme des firmaments pleins d'aigles et d'éclairs), Mon âme luit sous tes paupières bienheureuses Dans le rayonnement de tes divins yeux clairs.

DAPHNÉ

PRÉFACE DE L'AUTEUR

Et dans ses bras ouverts que remplissent ses seins Elle appelle des yeux la race des humains. Elle sait, elle croit, cette Vierge inféconde Et pourtant nécessaire à la marche du monde, Que la beauté du corps est un sublime don.

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