PÉTRARQUE
L'épouse aux yeux de cygne est morte à ses fuseaux,
Le miroir des étangs, morne et vide, étincelle
Où la face des dieux luisait dans les roseaux :
— Printemps ! ton tablier d'or de tes larmes ruisselle.
Les lierres aux fruits noirs ont un parfum amer Et la flûte s'épuise ainsi que Teau s'écoule.
— Les flancs de ma maison sont frappés par la houle, La voile s'enfle aux vents dangereux de la mer.
Mon cœur battait d'amour pour les roses sauvages Et tremblait au courroux des astres furieux : En flots brûlants tombait mon âme de mes yeux Et ce voile de pleurs me cachait les rivages.
Mais j'ai senti bondir mon pouls, comme les flots, Mes flancs ont tressailli du tremblement des vagues.
— La Mer a des douleurs immortelles et vagues Et devant ses effrois que sont mes vains sanglots !
J'épouse ta souffrance, ô Mer inconsolable : Les larmes de la terre ont composé tes eaux... — J'ai courbé des nefs d'or et de cèdre et d'érable Et je pars en faisant des signes aux oiseaux !
LA SOUFFRANCE DES EAUX
CHANT Héroïque
à M. Paul Souchon.
Seul dans les ténèbres, il marcha vers la Mer blanchissante et il invoqua les dieux des mugissantes tempêtes . . .