‹ Poésies complètesChapitre 35 sur 79 · CHANT D'AMOUR · texte numérisé non relu

CHANT D'AMOUR

Que sous tes seins un cœur de g-loire en toi bondisse, Clair et s'enflant comme la lune sur les flots ; Délivre-nous de toute ton ombre, Eurydice, Vers toi nos luths sont tout soulevés de sang*lots !

Notre sœur souriante, hors des sombres demeures, D'une robe de flamme environne tes flancs, Délivre-nous du mal, délivre-nous des heures, Porte-nous vers la tombe, ivres dans tes bras blancs.

Un sculpteur ténébreux en notre chair ébauche La forme de ton songe, après les dieux déçus ;

LA SOUFFRAxXGE DES EAUX

Viens t'asseoir à jamais près des mers, sur la roche, Aide-nous à renaître, ô toi qui nous conçus !

Voici la triste rose et le grand lys qui g*arde

Le pur silence en lui des siècles de douleurs;

Eurydice, Eurydice, Eurydice, reg-arde !

Nous tordons ta couronne à genoux dans les fleurs.

Page 1