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AVERSE DE MAI

Les demeures du jour s'écroulent; leurs décombres Fument sur la montagne. Ah ! quel affreux tison Transforme en blocs cendreux de nuages et d'ombres^ Les temples d'or léger où riait la saison.

Bientôt sur les ormeaux, les rochers, les mers sombres. Sur la prairie en fête et la blanche maison, Pluie! on entend sonner ta Ijre aux riches nombres Dont les cordes sans fin traînent sur Thorizon,

Mais soudain sur ton char aux rayonnantes roues

Tu t'élances, soleil, tu bondis, tu secoues

De tes flambeaux mortels la frayeur et Tamour.

Tes coursiers de la pluie ont gonflé leurs poitrines ; Toi, le laurier au front, de tes mains purpurines, Riant, tu rebâtis les demeures du jour.

Gênes, mai 1898.

LA SOUFFRANCE DES EAUX

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