LA CIGALE
0 toi qui te nourris de la rosée épaisse Cigale aux tendres yeux qui, collée au rocher, Près des brûlantes mers chantes, chantes sans cesse Quand on voit fumer Tonde et les moissons sécher.
Pour qu'aux étés futurs ton chant plus pur renaisse, Dans les pins résineux, mère, tu vas cacher Tes œufs mélodieux, semence de tendresse. Puis le soleil qui t'aime allume ton bûcher.
Vous qui buvez l'Arno, le brillant Rhône, et vous Dans Tor divin des mers vous mirant à genoux, Naples, Pise éclatante, Avignon, Florence, Arles,
0 Latins ! des vieux chants surmontez les clartés !
Cigale et toi nourris le cœur de ces cités
Du langage immortel qu'avec tant d'art tu parles.
Pise, mai 1898,
LA SOCFFRANGE DES EAUX