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Poésies complètes

0 nom mystérieux, sois moi propice et voile Les secrets de son Ame et ceux de sa beaulé; Que le monde railleur à ma porte arrêté \< puisse m percer m soulever ton voile!

Même aux regards anus pour qui je me dévoile pois mi obstacle vague et plein «le pureté; Sur nos jours de bonheur, d'amour, <l<- \olnplr. Ne jette que l'éclat d'une furtive étoile!...

() vous à qui mon cœur prête ce nom divin. Que ma nuise pour aous ne chante pas en vain Et d'aveux imprudents ne soil point accusée !

Tout est là, nos baisers, nos luttes, nos douleurs, Votre amour est la Heur, mes vers sont la rosée Donl les gouttes souvenl ressemblent à des pleurs!

() tendres souvenirs, si calmes et si purs.

Dmit le chœur égayait mon foyer solitaire

El dans les soirs d été venait avec mystère

Se grouper près de moi sous la vigne aux fruits mûrs !

O rêves qui sans tache et sans replis obscurs Rendiez mon cœur plus sage et mon front plus austère. Qui foulant sous vos pieds les trésors de la terre M éleviez vers des biens plus dignes et plus sûrs !...

Ilèla<! c'en est doue fait. Je vous trains encore. Il est <l autres autels que ma faiblesse adore. Il est <l autres amours dont je veux m enivrer...

Mon àme est devenue une sanglante arène,

La passion rugit prèle à VOUS dévorer

Et comme des martyrs à la mort je vous traîne!..

— fi —

Quand je verrais I amour devenir un poison Ë1 tuer mou bonheur sans espoir qu il renaisse, Mettre des cheveux blancs à ma triste jeunesse Et changer en hiver ma plus belle saison :

Quand sur moi, chaque jour et de chaque horizon.

La foudre menaçante éclaterait sans cesse,

Quand ma voix n aurait plus que des cris de détresse,

Quand le poids de mes maux briserait ma raison;

Je ne serais pas digne, ange, qu à ma pensée

I ne larme de vous sur mon sort fût versée,

Que votre cœur pour moi voulût s'ouvrir jamais...

attendez qu au tombeau Dieu me fasse descendre

El seulement alors murmurez : .le t'aimais !

El de vos pleurs bénis venez mouiller ma cendre!...

Tout ce qui n est pas vous me fatigue el me blesse.

Je maudis ;i la lois les champs et les cités,

Du soleil trop brillant j'évite les clartés

El je trouve la nuit trop pleine de mollesse ;

La rage dans mon cœur se mêle à la faiblesse. Mes désirs et mes pas errent de tous côtés, Je luis les chers travaux qu'autrefois j'ai goûtés Et la musc ma sœur dit que je la délaisse !

Il est un bel enfant toujours frais et joyeux

Dont naguère j'aimais à partager les jeux.

Mais ils n'ont plus pour moi d'intérêt ni de charmes :

Je nIciis de l'écarter brusquement de mes bras

El vers moi ses grands yeux que j ai remplis de larmes

Se tournent tout craintifs en ne comprenant pas.

Nous veillez à cette heure et moi je veille aussi, Vous au milieu d'un bal et moi seul dans ma couche Parmi les jeunes fous dont le souille vous touche Vous souriez là-bas lorsque je pleure ici ;

Vous avez un costume élégant ei choisi,

Poudre dans les cheveux et carmin sur la bouche.

Corsage noir, cou blanc égavé d une mouche

Et chacun dit : \ovez, elle est charmante ainsi !...

Eh bien, mon triste cœur, loin du monde frivole, V serait plus jaloux du bonheur qu'on lui vole Et ne souffrirait plus de vous savoir ailleurs,

Si je pouvais, Marie, au retour de la fête, Disperser de mes mains colliers, joyaux et fleurs. Puis ni endormir d amour un bras sous voire tête

Les étranges moments que nous passons ensemble!. Tantôt | ai le Iront sombre el tristement penché, Je vois pâlir le tien que ma lèvre a touché, J'abandonne ta main qui se glace ou qui tremble;

Nous restons sans parler ni sourire, il nous semble Eprouver tous les deux comme un remord caché, D'un présage fatal notre amour est taché, Nous ne bénissons plus l'heure qui nous rassemble!

Tantôt sur mes genoux tu viens comme une sœur Et tes yeux dans les miens plongent avec douceur, Nous oublions gaîment nos soucis et nos larmes,

Ce sont des chants, des ris, des baisers et des jeux !

()n dirait deux enfants qui peuvent sans alarmes ■s aimer et se le dire et toujours être heureux!...

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