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Une ombre, la plus pâle entre ces pâles ombres, Vient encore avec moi pleurer dans mes nuits sombres
Ou mes jours soucieux...
Pardonnez-moi ces pleurs que le passé réclame Et que votre baiser, comme une sainte flamme, Vienne sécher mes yeux ! . . .
Assez de courses infécondes, Assez de regrets superflus, 0 Passion qui toujours grondes Tes éclats ne m'atteindront plus !
Couché sur l'herbe, au bord de l'onde.
A l'ombre des saules flottants, Je veux dans une paix profonde Y chanter l'éternel printemps,
Et je relèverai ma tête Qui se courbait sous tant de maux Gomme un arbre après la tempête Redresse vite ses rameaux ;
I h rayon de soleil essuie Et caresse amoureusement Chaque feuille qui sous la pluie \ ers le sol penchait tristement. . .
Au vent a succédé la brise, Au rouge éclair le rayon pur, A la nue onduleuse et grise L'étincelant et calme azur...
Et partout reviennent en foule Ses hôtes longtemps effrayés, L'oiseau sur sa tige roucoule, L abeille bourdonne à ses pieds!..
Soyez pour moi la fraîche haleine.
Le ciel d'azur, le ravon d'or, Par qui tout renaît dans la plaine, Par qui tout reprend son essor ;
Alors des joyeuses pensées Reviendra le timide essaim, Sans peur d'être encor dispersées Elles chanteront dans mon sein,
Les doux rêves de mon enfance Que je n'espérais pins revoir Viendront, sans que rien les offense,
Me bercer encor chaque soir:
Votre amour, comme un ciel sans voiles, Pour moi ne s'obscurcira pas Et vos veux seront deux étoiles Qui brilleront devant mes pasl
Allons, ma blonde Destinée, Laissez flotter vos longs cheveux Et sur mon visage inclinée Souriez-moi ! Je suis heureux !