‹ Poésies complètesChapitre 27 sur 61 · CAUSERIE · texte numérisé non relu

CAUSERIE

lu ni as dii quelquefois que je ue t'aimais pas...

Eh bien, à propos de ce doute, Heureux de ce que Dieu me ramène en tes bras,

.) ai fait quelques vers sur ma route... Ils me précéderont, quand tu les recevras

Je ne serai pas loin , écoule :

— iQ1 —

Pour cesser de t'aimer ai-jc l'ail de mon cœur

Le temple des vaincs idoles ?

Pour des liens sacrés indifférent, moqueur,

Suis-je un homme aux désirs frivoles?... A la femme qui m'aime et m'a rendu meilleur

\ ai-je à donner que des paroles ?..

Je t'aime aveuglément, je n'ai pas d'autre loi

Que cette affection profonde, Je t'aime comme au jour où j'ai trouvé pour toi

Ce doux nom de jeune sœur blonde, Et j'en fais le serinent, personne autant que moi

Ne pourrait t'aimer en ce monde !

Je t'aime et mon amour est encor sans débris,

J'aime ta grâce, ta jeunesse.

I< îs défauts... mes défauts ? voila bien les maris !..

Mot peu galant, mais je le laisse, Oui, les charmants défauts ! ah ! mon cœur est bien pris

\ l<s pièges, enchanteressse !...

•I»1 raille quelquefois les héros de roman.

Les tourtereaux de comédie, h<' Mnges de salon qui pour un compliment

Pincent une bouche affadie, Les faiseurs de Phœbus chez qui le sentiment N'est qu'une plate parodie...

Eh bien, comprends enfin jusqu'où va ton pouvoir

Je saurai, si tu me l'imposes, Te dire des fadeurs du matin jusqu'au soir,

Je t étoufferai sous des roses, Je me dandinerai devant chaque miroir

Pour apprendre d'aimables poses !

Je veux même — s'il faut cette preuve d'amour — Aller plus loin dans ma démence,

Me coiffer d'une toque, aux échos d'alentour Conter ma joie et ma souffrance,

Et la guitare en main, comme un vrai troubadour, Te roucouler une romance...

Gomme je chante faux cela serait affreux,

Ne m \ force pas, je te prie...

Un long étonnement se peint dans tes beaux yeux,

Pardonne un peu de raillerie Car je me suis moqué sans amertume, heureux

De revoir famille et patrie ! . . .

— iq3 —

Non ! tout cet attirail, pour te persuader, De ma part n'est point nécessaire ;

Laissons, ma chère enfant, les autres se farder, Nous dont le visage est sincère...

Que faut-il ? revenir, te sourire et garder

Ta main dans ma main qui la serre !...

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